Le Rassemblement national propose une alliance au PPE pour mettre fin au Green Deal
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, va envoyer une lettre au président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, pour lui proposer une alliance afin de mettre fin au Pacte vert pour l’Europe (« Green Deal »).
Le président du Rassemblement national (RN), Jordan Bardella, va envoyer une lettre au président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, pour lui proposer une alliance afin de mettre fin au Pacte vert pour l’Europe (« Green Deal »).
Jordan Bardella, le président des Patriotes pour l’Europe (PfE) au Parlement européen, a expliqué lors de ses voeux à la presse qu’il allait envoyer une lettre au PPE pour « mutualiser » les forces des deux groupes, afin de « suspendre le Green Deal ».
La lettre, qui sera envoyée « dans les prochaines heures » ce lundi, sera également adressée aux coprésidents du groupe d’extrême-droite de l’Europe des nations souveraines (ESN), René Aust et Stanisław Tyszka, et à leur homologue des Conservateurs et réformistes européens (CRE), Mateusz Morawiecki.
Jordan Bardella s’est depuis longtemps engagé à « suspendre » le Green Deal, mais c’est la première fois qu’il recherche sur cette question une majorité alternative à la traditionnelle coalition centriste composée du PPE, des Socialistes et Démocrates et des libéraux de Renew.
En octobre, un assemblage des forces de droite et d’extrême droite avait déjà réussi à faire passer une résolution non contraignante sur les élections vénézueliennes, et a depuis été surnommée la « majorité Venezuela ».
Le président des Patriotes a souligné à plusieurs reprises qu’il souhaitait que l’interdiction de la vente de nouvelles voitures à essence et diesel d’ici 2035 soit complètement abandonnée. Il a également affirmé que toutes les autres « contraintes » du Green Deal devaient être « réexaminées ».
L’arrêt du Pacte vert pour l’Europe « est une réaction aux mesures incroyablement attrayantes que Donald Trump met en place pour l’économie et les entreprises [américaines] », a-t-il expliqué.
Le Green Deal, autrefois le programme phare de l’Europe en matière d’environnement, a été remis en question l’année dernière. Les eurodéputés, ceux de Renew et de l’extrême droite, en passant par ceux du PPE, ont exprimé leurs inquiétudes quant au fait qu’il entraverait la croissance économique.
En novembre 2024, le PPE avait provoqué la colère des députés centristes et sociaux-démocrates, en se rangeant du côté de l’extrême droite pour affaiblir les règles anti-déforestation.
L’eurodéputé du RN Fabrice Leggeri précise pour Euractiv que les Patriotes et les CRE soutiennent pleinement cette suspension du Green Deal, et que même la droite « molle » du PPE commence à se « réveiller ».
« Certains députés me font de façon informelle des appels du pied pour évoquer cette question », explique-t-il.
La semaine dernière, le Premier ministre conservateur polonais, Donald Tusk, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, avait appelé à un « examen complet et très critique » des lois relatives au Green Deal, accusant la réglementation européenne de faire monter les prix de l’énergie et d’entrainer une perte de compétitivité à l’échelle du continent.
Des personnalités du PPE, dont le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis et le candidat à la chancellerie allemande Friedrich Merz, ont fait des déclarations similaires.