Le referendum turc renforce le parti dirigeant
Le parti dirigeant turc du premier ministre Recep Tayyip Erdo?an (l'AKP) a franchi une étape importante en remportant le référendum de dimanche (12 septembre), qui introduit des changements à la constitution du pays. La victoire du "oui" approuvé à 58% contre 42% pour le non, plus élevée que prévu, devrait renforcer le parti AKP en amont des élections législatives qui auront lieu l'an prochain.
Le parti dirigeant turc du premier ministre Recep Tayyip Erdo?an (l'AKP) a franchi une étape importante en remportant le référendum de dimanche (12 septembre), qui introduit des changements à la constitution du pays. La victoire du "oui" approuvé à 58% contre 42% pour le non, plus élevée que prévu, devrait renforcer le parti AKP en amont des élections législatives qui auront lieu l'an prochain.
Ce soir, les vrais perdants sont ceux qui ont mentalité de prise de pouvoir militaire. Nous avons des preuves que le changement peut être amené démocratiquement, a dit M. Erdo?an, cité par Euronews.
En effet, le parti AKP a choisi une stratégie visant à présenter les changements constitutionnels comme un virage à 360 degrés par rapport à la constitution précédente, mise en place après le coup militaire de 1980 du Général Kenan Evren. En effet, le référendum coïncide avec les 30 ans du coup d’Etat du 12 septembre 1980 et a été présenté par les autorités comme un règlement de compte historique avec ses instigateurs.
Cependant, le gouvernement a également visé les laïcs, qui avaient tenté de bannir le parti AKP, enraciné dans la religion islamique, en 2002, sur la base d’une violation de la législation sur les partis politiques.
Le Republican People’s Party (CHP – Parti Populaire Républicain), le principal parti d’opposition qui avait fait campagne en faveur du “non” au referendum, a averti que les changements constitutionnels permettraient à l’AKP de nommer les haut juges du pays et de transformer la Turquie en régime autoritaire dominé par un parti unique (EURACTIV 02/09/10).
Dans le référendum, 42% de nos citoyens ont voté contre le paquet législatif et 23% n’ont pas voté du tout, a noté Kemal K?l?çdaro?lu, leader du CHP. Ceci ne doit pas être sous estimé. Avec ces 42%, il est certain que notre parti a un rôle très important à jouer, a dit M. K?l?çdaro?lu, cité par la presse turque.
Le taux de participationde 78% semble élevé, mais les autorités avaient envisagé une amende pour ceux qui s’abstiennent de voter. On compte également 700 000 votes non valides environ, un chiffre qui apparaît particulièrement haut. En théorie, les votes non valides sont rendus par des électeurs indécis, qui se sont rendus aux urnes mais ont refusé de participer en soutenant le « oui » ou le « non ». Des questions techniques ont également été avancées pour expliquer les votes non valides.
Des querelles qui ont éclaté dans la rue ont également marqué le déroulement du vote dans les provinces comptant une large population kurde. Des douzaines de personnes ont été détenues en raison de ces incidents. Mis à part ces perturbations, le référendum a eu lieu dans une atmosphère nationale paisible.
La Commission salue le résultat du vote
Le commissaire européen à l’élargissement Štefan Füle a salué les résultats du référendum comme un pas dans la bonne direction dans ses efforts pour adhérer à l’Union, mais a pressé Ankara de réaliser un plus grand nombre de changements.
Dans des déclarations précédentes, la Commission avait déploré le manque de dialogue et de compromis dans la phase de préparation du paquet de réformes législatives et dans la préparation de la campagne de référendum elle-même.
Selon la Commission, les éléments positifs des amendements constitutionnels sont les suivants :
- En ce qui concerne la justice militaire, la réforme limite la compétence des tribunaux militaires aux délits commis par le personnel militaire en relation aux droits et services militaires, et permet aux tribunaux civils de traduire en justice le personnel militaire pour tous les autres délits ;
- La réforme permet de faire juger le dirigeant de l’armée et ses assistants par la Cour Suprême ;
- La composition du Conseil supérieur de la magistrature est élargi et vise à représenter le système judiciaire dans son ensemble ;
- La réforme permet également des mesures de discrimination positive pour les femmes et les enfants ;
- Le paquet législatif étend également les droits des fonctionnaires aux conventions collectives de travail, mais ne leur donne pas le droit de vote ;
- La réforme fournit une base légale à l’établissement de l’institution d'un médiateur.