OTAN : au moins 50 milliards de dollars de nouveaux contrats annoncés
Mark Rutte avait précédemment déclaré que ces contrats devraient représenter au total « des dizaines de milliards ».
Au moins 50 milliards de dollars (43,7 milliards d’euros) de nouveaux contrats de défense ont été annoncés mardi lors du Forum des industries de défense de l’OTAN, a confirmé un responsable de l’OTAN. Parmi ces annonces figurent le lancement d’une nouvelle flotte multinationale de transport aérien stratégique et des projets visant à remplacer les avions d’alerte précoce vieillissants de l’Alliance par une plateforme européenne.
Voici un récapitulatif de certaines des annonces les plus marquantes :
Signature d’un accord sur les avions GlobalEye
Le constructeur aéronautique suédois Saab va construire jusqu’à 10 avions d’alerte précoce et de surveillance GlobalEye afin de remplacer la flotte vieillissante de Boeing E-3 Sentry AWACS. L’accord sera signé par la Belgique, le Canada, le Danemark, l’Allemagne, la Lettonie, la Lituanie, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Roumanie.
Cette annonce fait suite à des informations selon lesquelles les alliés de l’OTAN renoncent à l’avion E-7A de Boeing pour la surveillance, après la décision de l’armée de l’air américaine d’annuler sa propre acquisition de ce système.
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a décrit le GlobalEye comme « un système éprouvé, doté d’une capacité avérée à détecter, suivre et identifier des menaces complexes, notamment les essaims de drones, les missiles balistiques et les missiles de croisière », et l’a salué comme un « programme transatlantique mené par les industries européennes et canadiennes, avec des contributions essentielles des industries américaines ».
Airbus remporte un franc succès
La Belgique, la Croatie, la France, la Pologne, l’Espagne, la Turquie et le Royaume-Uni ont lancé un nouveau projet multinational de grande visibilité portant sur une flotte d’avions militaires Airbus A400M. Les sept alliés se partageront les coûts et mettront en commun ces appareils, capables de transporter des charges stratégiques et de les acheminer vers des aérodromes non préparés.
La flotte multinationale de ravitailleurs-transporteurs polyvalents (MRTT) (MMF) s’agrandit quant à elle, la Finlande rejoignant la Belgique, la Tchéquie, le Danemark, l’Allemagne, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Norvège et la Suède. Ensemble, ils ont annoncé la livraison imminente du 10e Airbus A330 MRTT, qui remplit une double fonction (ravitaillement en vol et transport), ce qui rapproche la flotte de sa capacité maximale de 12 appareils.
La flotte de Triton s’agrandit
Par ailleurs, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne et la Norvège ont annoncé l’acquisition de cinq drones haut de gamme, volant à haute altitude et à longue endurance, de type Northrop Grumman MQ-4C Triton. Cette initiative vise à renforcer la force de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR) de l’OTAN.
« Ces appareils supplémentaires permettront d’assurer une surveillance continue de vastes zones maritimes, de jour comme de nuit. Ils peuvent voler pendant de longues périodes à haute altitude et couvrir de vastes zones, y compris au-dessus de la haute mer, plus efficacement que la plupart des autres appareils », a indiqué Rutte. « Le Triton nous aidera à détecter les menaces à un stade précoce, à protéger nos voies de communication maritimes et à soutenir les opérations dans des régions difficiles, telles que le Grand Nord. »
35 milliards d’euros pour les drones
Les alliés de l’OTAN se sont engagés à investir plus de 40 milliards de dollars (35 milliards d’euros) dans les capacités de lutte contre les drones au cours des cinq prochaines années et à multiplier par cinq le nombre d’opérateurs de drones formés d’ici fin 2027, a annoncé l’Alliance.
L’OTAN lancera également une plateforme dédiée à la lutte contre les drones afin d’accélérer les acquisitions en garantissant que les systèmes approuvés sont testés, compatibles avec les normes de l’alliance et facilement disponibles à l’achat.
L’alliance a indiqué qu’elle étendrait son programme multinational Flight Training Europe pour y inclure la formation des opérateurs de drones, la Finlande, la France et la Suède rejoignant l’initiative aux côtés des 17 membres existants.
Par ailleurs, l’Agence d’approvisionnement et de marchés de l’OTAN a attribué un contrat d’une valeur de plusieurs centaines de millions de dollars portant sur des drones de surveillance.
Offensive spatiale
Quatre initiatives spatiales distinctes ont été annoncées mardi, notamment un projet réunissant huit pays — le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Allemagne, la Norvège, les Pays-Bas, la Suède et la Turquie — visant à étudier la mise en place d’une constellation commune de satellites militaires afin d’améliorer les communications, le partage de renseignements et le suivi des missiles.
Par ailleurs, l’Espagne a rejoint l’Alliance pour la surveillance persistante depuis l’espace (APSS) de l’OTAN, le Canada est devenu le 15e membre de l’initiative de lancement spatial STARLIFT, et la Turquie a annoncé son intention de développer de nouveaux satellites d’observation de la Terre et de communications militaires.
Lockheed Martin annonce deux nouvelles initiatives européennes dans le domaine des missiles
Ces deux initiatives du constructeur américain comprennent un protocole d’accord avec Rheinmetall visant à établir, sous réserve des autorisations nécessaires, ce que les entreprises décrivent comme le premier pôle européen de fabrication, d’intégration et de distribution du système de missiles tactiques ATACMS à Unterlüß, en Allemagne.
Par ailleurs, les États-Unis, l’Allemagne, les Pays-Bas, la Pologne et la Suède ont convenu d’étudier la création d’un centre européen de maintenance pour les intercepteurs relevant de l’initiative PAC-3 Missile Segment Enhancement and Cost Reduction Initiative ; Lockheed Martin a indiqué que ce centre améliorerait la disponibilité opérationnelle des missiles et réduirait les délais de maintenance pour les opérateurs de l’OTAN.
1,4 milliard d’euros pour les munitions
Neuf alliés travailleront ensemble pour développer un prototype de munition générique de l’OTAN de 155 mm, comme annoncé à Ankara.
Les alliés concernés sont le Canada, la Tchéquie, le Danemark, la Finlande, la Grèce, la Norvège, la Slovaquie, la Suède et la Turquie, pour un montant total de 1,6 milliard de dollars (1,4 milliard d’euros).
Six alliés (le Danemark, la France, l’Italie, la Norvège, la Turquie et le Royaume-Uni) ont également lancé le projet multinational de l’OTAN Ground-Based Precision Strike Capabilities High Visibility Project afin d’étudier le développement de nouvelles capacités de frappe de précision en profondeur, notamment de nouveaux lanceurs et missiles.
(cm, aw)