Le revenu universel d'Hamon critiqué par les candidats de gauche

Vincent Peillon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et François de Rugy ont pilonné jeudi l'idée de revenu universel défendue par Benoît Hamon, soutenu uniquement par Jean-Luc Bennahmias lors du premier débat télévisé de la primaire organisée par le PS. Un débat respectueux et sans surprise.

EURACTIV France avec agences
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Benoît Hamon, seul à envisager le revenu universel avec Jean-Luc Bennahmias. [<a href="https://www.flickr.com/photos/partisocialiste/9203059570/in/photolist-f2f5YS-dcFdrB-bW6t6F-f2eQvU-f2fGq1-f2fhzq-cZUYaw-f1ZVcX-f2fACf-f1ZzTe-biQk7g-dcFcPv-f1ZXTP-czNha5-9w57b4-cZV14U-KJnVA-bPWQo6-dcFeKw-bkA3BR-8SmaZj-dcFd2R-8SmaCA-bkA2yM-bkA2Vi-dcFeVo-912qwt-8SmahJ-biQiwZ-aM8y82-4ruTM4-aM8nfx-aM8Fb2-88qofG-aNHsx6-cYdZWJ-aUVcTR-aUVeEv-bFa647-8FFtZn-aUVcGH-8FFtVT-b5Ufri-aUVdAr-9Ni1Pn-7zAaug-82PHxq-aum625-8zgB3F-7vL45U" target="_blank" rel="noopener">[Parti socialiste/Flickr]</a>]

Vincent Peillon, Manuel Valls, Arnaud Montebourg et François de Rugy ont pilonné jeudi l’idée de revenu universel défendue par Benoît Hamon, soutenu uniquement par Jean-Luc Bennahmias lors du premier débat télévisé de la primaire organisée par le PS. Un débat respectueux et sans surprise.

Pour Vincent Peillon, « le revenu universel, philosophiquement, c’est une idée qui pose un gros problème. La solidarité, nous l’avons fondée pendant des siècles sur l’idée que ceux qui ont le plus donnent à ceux qui ont le moins. Là on dit à tout le monde on donnera la même chose, ça me semble une rupture importante », a-t-il asséné. « Cela coûte 400 milliards, il n’est pas praticable. »

L’idée d’un revenu de base ou revenu universel vise à instaurer pour chaque individu, tout au long de sa vie, un revenu de subsistance (environ 500 à 1 000 EUR selon les projets), versé indépendamment de sa situation financière et familiale, contrairement aux systèmes actuels de prestations sociales.

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« Je veux une société du travail, parce que le travail c’est la dignité », a renchéri Manuel Valls qui veut quant à lui remplacer la dizaine de minima sociaux existants, dont le RSA, par une allocation unique, ouverte à tous, à partir de 18 ans.

« C’est pas un revenu de base pour solde de tout compte » de la lutte contre le chômage, a enchaîné François de Rugy.

Arnaud Monteboug a quant à lui contesté qu’en « prélevant 400 milliards on pourra remettre en marche la machine économique ».

« Quand Michel Rocard a mis en place le RMI, on a parlé d’une société qui encouragera l’assistanat, la paresse », s’est défendu Benoît Hamon. « Quand on a fait la Sécurité sociale en 1945, la droite disait aussi que c’était irréalisable. »

« Le revenu universel sert l’ensemble de la société », a plaidé de son côté Jean-Luc Bennahmias.

Benoît Hamon et Arnaud Montebourg se sont en outre engagés à abroger la loi Travail, adoptée sans vote l’an dernier via la procédure de l’article 49-3 de la Constitution.

Montebourg en tête

Les électeurs de la primaire sont appelés aux urnes les 22 et 29 janvier. Une enquête Elabe réalisée pour BFM TV auprès de 1 117 téléspectateurs a donné l’avantage à l’ancien ministre Arnaud Montebourg, jugé le plus convaincant par 29% des sondés, devant Manuel Valls (26%) et l’ancien ministre Benoît Hamon (20%).

Auprès des sympathisants de gauche, l’ancien Premier ministre arrive en tête avec 28%, devant Benoît Hamon (27%) et Arnaud Montebourg (23%).

Pour éviter l’élimination de la gauche, les candidats ont dit leur volonté de discuter avec Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron pour se rassembler, mais refusé de dire s’ils s’effaceraient derrière l’un ou l’autre de ces concurrents.

Deux autres débats opposeront les sept candidats à la primaire les 15 et 19 janvier. Une dernière confrontation opposera les deux finalistes le 25 janvier.

Le Parti socialiste a prévu quelque 7 500 bureaux de vote et espère une forte participation, à l’image de celle de la primaire de la droite pour laquelle plus de quatre millions d’électeurs s’étaient déplacés en novembre.

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