Le Royaume-Uni devrait fermer ses portes aux Roumains et aux Bulgares [FR]
Malgré l'impact positif de l'immigration des travailleurs en provenance d'Europe centrale et orientale sur l'économie britannique, le Royaume-Uni devrait interdire l'accès à son marché du travail aux Bulgares et aux Roumains après l'adhésion des deux pays à l'UE, en janvier 2007.
Malgré l’impact positif de l’immigration des travailleurs en provenance d’Europe centrale et orientale sur l’économie britannique, le Royaume-Uni devrait interdire l’accès à son marché du travail aux Bulgares et aux Roumains après l’adhésion des deux pays à l’UE, en janvier 2007.
Selon le Financial Times, le secrétaire britannique à l’intérieur, John Reid, devrait instaurer d’ici fin octobre 2006 des restrictions à la libre circulation des travailleurs bulgares et roumains désireux de s’installer au Royaume-Uni. Le quotidien indique que seul un nombre limité de travailleurs non qualifiés en provenance des pays des Balkans pourra accéder au marché du travail britannique. La mise en place de mesures dites transitoires pour interdire l’accès au marché à ces travailleurs nécessite une décision du cabinet.
Cette décision contrasterait vivement avec la politique appliquée au Royaume-Uni pour les travailleurs en provenance de huit des nouveaux Etats membres depuis mai 2004 (tous sauf Chypre et Malte). Des dizaines de milliers de Polonais, Slovaques, Tchèques, Hongrois, Slovènes, Lituaniens, Lettons et Estoniens ont été autorisés à pénétrer le marché du travail britannique et plus de 300 000 d’entre eux y ont trouvé un emploi. Les syndicats et les organisations patronales reconnaissent que ce flux d’immigrants, qui a largement dépassé les estimations faites avant l’élargissement, a profité à l’économie du pays.
Toutefois, s’agissant de l’immigration des Bulgares et des Roumains, les entreprises ne semblent pas convaincues que le même phénomène se reproduise. En août 2006, la Chambre de Commerce britannique et la British Hospitality Association – l’association syndicale pour les hôtels, les restaurants et les traiteurs, qui emploient un nombre particulièrement élevé d’immigrés – ont appelé à une « pause » de l’immigration des travailleurs, prévenant que le pays ne pourrait pas forcément absorber une nouvelle vague importante d’immigrés.
Elles ont reçu le soutien du parti conservateur et d’une partie du gouvernement des Travaillistes. Le ministre du commerce et de l’industrie, Alastair Darling, a déclaré le 21 août 2006 : « Il y a de solides raisons pour faire une pause pendant un temps avant d’ouvrir le marché du travail britannique à de nouveaux Etats membres, et ce afin de tirer des leçons de l’expérience acquise à ce jour. » Le nombre d’immigrants en provenance des 8 nouveaux Etats membres ayant été sous-estimé, le Royaume-Uni craint que l’immigration des travailleurs bulgares et roumains dépasse largement les prévisions actuelles.