Le Royaume-Uni et l’Italie pourraient envisager de nouvelles solutions pour gérer l’immigration irrégulière

Keir Starmer et Giorgia Meloni, ont exprimé leur volonté commune d’explorer des solutions innovantes et d’intensifier leurs efforts pour lutter contre la traite des êtres humains lors de leur rencontre à Rome. Ils ont discuté de nouvelles approches en matière de gestion de l’immigration irrégulière.

EURACTIV Italie
British Prime Minister Keir Starmer visits Rome
« Keir Starmer et moi-même sommes d’accord sur le fait que nous ne devons pas avoir peur d’explorer de nouvelles solutions pour gérer l'immigration irrégulière », a déclaré Giorgia Meloni lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue britannique, lundi 16 septembre. [[EPA-EFE/FABIO FRUSTACI]]

À l’occasion de leur rencontre à Rome le 16 septembre, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, et son homologue italienne, Giorgia Meloni, ont exprimé leur volonté commune d’explorer des solutions innovantes et d’intensifier leurs efforts pour lutter contre la traite des êtres humains. Ils ont discuté de nouvelles approches en matière de gestion de l’immigration irrégulière, en mettant l’accent sur le modèle italo-albanais.

« Keir Starmer et moi-même sommes d’accord sur le fait que nous ne devons pas avoir peur d’explorer de nouvelles solutions pour gérer l’immigration irrégulière », a déclaré Giorgia Meloni lors d’une conférence de presse aux côtés de son homologue britannique, lundi 16 septembre.

La réunion, qui a duré environ 30 minutes de plus que prévu, était une conversation directe, en tête-à-tête, sans la présence d’assistants.

L’un des principaux sujets abordés a été l’accord italo-albanais sur la gestion des flux migratoires, a indiqué la Première ministre italienne, ajoutant qu’elle avait donné à Keir Starmer « des éléments pour mieux comprendre le mécanisme », pour lequel le gouvernement britannique a manifesté « un grand intérêt », selon elle.

Le protocole Italie-Albanie, signé en novembre dernier par Giorgia Meloni et le Premier ministre albanais Edi Rama, vise à fournir des installations d’accueil en Albanie pour les demandeurs d’asile arrivant sur les côtes italiennes.

« Le modèle que nous avons imaginé — traiter les demandes d’asile dans des centres relevant de la juridiction italienne et européenne dans un pays étranger — n’avait jamais été expérimenté auparavant. S’il fonctionne, et je pense que ce sera le cas, tout le monde comprendra qu’il s’agit d’un tournant, même d’un moyen de dissuasion pour ne pas s’en remettre à des criminels », a justifié Giorgia Meloni.

Son plan présente des similitudes avec les principes du plan rwandais proposé par le prédécesseur de Keir Starmer, Rishi Sunak, qui visait à relocaliser les demandeurs d’asile dans ce pays d’Afrique.

Keir Starmer était accompagné dans son voyage par Martin Hewitt, chef d’un groupe de travail mis en place par le gouvernement travailliste pour lutter contre les passages illégaux sur les côtes britanniques, dans le cadre d’une initiative pour remplacer le plan rwandais, aujourd’hui abandonné.

Certains membres de la majorité britannique ainsi que des ONG ont critiqué le voyage du Premier ministre britannique en Italie, l’accusant de « copier les plans de lutte contre l’immigration illégale du gouvernement italien d’extrême droite », comme l’a rapporté The Guardian.

Les défenseurs des droits humains se sont également fortement opposés au protocole Italie-Albanie, mais Giorgia Meloni est restée imperturbable lors de la conférence de presse.

« Je crois avoir clairement expliqué que la juridiction est italienne et européenne. Soit on pense que notre juridiction viole les droits humains des exilés, soit cette accusation n’est pas fondée », a-t-elle déclaré.

La Première ministre italienne a également souligné l’accord conclu avec son homologue britannique pour « intensifier la lutte contre la traite des êtres humains en renforçant les efforts en matière de sécurité et en améliorant la coopération entre les forces de police et les services de renseignement, en se concentrant sur le cœur de ce problème : suivre l’argent ».

Keir Starmer a lui aussi commenté la question en déclarant : « Vous avez réalisé des progrès considérables en travaillant main dans la main avec les pays situés le long des routes migratoires pour vous attaquer aux causes profondes de l’immigration irrégulières et démanteler les réseaux criminels. Ainsi, les arrivées maritimes illégales en Italie ont diminué de 60 % depuis 2022 ».