Le Royaume-Uni, Etat membre de seconde classe ?
Andrew Duff, eurodéputé libéral britannique et leader de l’Union des fédéralistes européens, a appelé à une réelle « union budgétaire » et à une meilleure intégration européenne, affirmant explicitement qu’une non-participation devrait être possible pour les pays eurosceptiques tels que le Royaume-Uni.
Andrew Duff, eurodéputé libéral britannique et leader de l’Union des fédéralistes européens, a appelé à une réelle « union budgétaire » et à une meilleure intégration européenne, affirmant explicitement qu’une non-participation devrait être possible pour les pays eurosceptiques tels que le Royaume-Uni.
Dans un pamphlet politique publié aujourd'hui (5 septembre), l'eurodéputé expose sa conception d'une Europe fédérale. Il suggère la création « officielle d’une adhésion de seconde classe » pour le Royaume-Uni et pour tout autre pays qui souhaiterait s'abstenir de poursuivre certains impératifs fédéralistes, qui vont désormais être le moteur des Etats membres pleinement impliqués dans l'UE.
Andrew Duff affirme que décider des sauvetages de pays endettés lors de sommets européens s'est montré inefficace et a permis à « Paris et Berlin de former un directoire […] l'antithèse d'une Europe fédérale ».
Au lieu de cela, il souhaite que la prise de décision passe aux mains d'une nouvelle institution européenne, par le biais d'un budget européen plus élevé, la mise en place d'un trésor européen, d'un Fonds monétaire européen et de sanctions contre les pays manquant de discipline budgétaire.
Interrogé sur le système de non-participation britannique, Daniel Hannan, eurodéputé eurosceptique de premier plan et célèbre blogueur (Royaume-Uni, Conservateurs et Réformistes Européens) a affirmé : « C'est à eux de voir. La seule chose qui m'inquiète à court terme en tant que représentant britannique – et cela doit également s'appliquer à Andrew Duff, d'ailleurs – est de s'assurer que, si le Royaume-Uni doit donner son accord pour une union budgétaire à l'intérieur des structures légales européennes, nous obtenions quelque chose en retour ».
Daniel Hannan a poursuivi en déclarant qu'un tel compromis était nécessaire, car la Grande-Bretagne risquait de se retrouver dans une Europe fédérale, même avec une non-participation officielle.
« C'est ce qui m'inquiète et ça ne suffit pas de dire « ça n'aura pas d'incidence sur vous ». Nous avons déjà été entraînés dans la dette de l'Union », a-t-il ajouté, faisant référence aux contributions de la Grande-Bretagne aux renflouements visant à sauver plusieurs pays de la zone euro en difficulté.
Vers une réforme du traité ?
Les réformes proposées par Andrew Duff nécessiteraient des modifications substantielles du traité qui, après les controverses du traité constitutionnel, mis au rebut, et du traité de Lisbonne, n'enchantent pas beaucoup d'Etats membres.
Cela pourrait toutefois changer, alors que selon le journal Bild, le ministre allemand des finances Wolfgang Schäuble aurait confié jeudi dernier, lors d'une réunion à huis clos des membres de son parti, que la crise de la zone euro avait rendu ces changements nécessaires « même si nous savons à quel point les négociations de traité peuvent être difficiles ».
Lors d'un séminaire sur la citoyenneté européenne vendredi dernier (2 septembre), Andrew Duff a déclaré qu'une nouvelle convention pour fédéraliser l'Europe pourrait être l’occasion de réitérer des théories nationalistes à l’approche des élections de 2014 au Parlement européen.
« Si nous ne changeons pas de manière radicale le caractère de ces élections, même les partis les plus fédéralistes manqueront d'inspiration et seront sur la défensive sur des questions telles que le protectionnisme, l'immigration, et plus encore », a-t-il ajouté.