Le secrétaire général de l'OTAN appelle l'UE à compenser la baisse de l'aide américaine à l'Ukraine

Pour Mark Rutte, les Européens vont devoir s'investir pour compenser la baisse de l'aide américaine à l'Ukraine, et augmenter leurs financements pour poursuivre les livraisons de matériel militaire en direction de Kiev.

EURACTIV.com
World Economic Forum 2025
Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, participe à la 55e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, en Suisse, le 23 janvier 2025. [Halil Sagirkaya/Anadolu via Getty Images]

Pour Mark Rutte, les Européens vont devoir s’investir pour compenser la baisse de l’aide américaine à l’Ukraine, et augmenter leurs financements pour poursuivre les livraisons de matériel militaire en direction de Kiev.

Avec le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, personne ne sait dans quelle mesure les États-Unis continueront de livrer des armes à l’Ukraine, alors que Washington fournit près de la moitié de l’aide militaire en direction de Kiev.

Les dirigeants européens s’inquiètent donc de savoir s’ils seront en capacité de produire ou d’acheter ce dont l’armée ukrainienne a besoin.

Pour accentuer la pression, Mark Rutte a averti les Européens que si ces derniers souhaitaient à l’avenir envoyer du matériel américain en Ukraine, ils pourraient être amenés à payer la facture. Un moyen pour les capitales du continent de se saisir de leur propre sécurité, a-t-il suggéré.

« Si la nouvelle administration Trump est prête à continuer à fournir à l’Ukraine des [équipements], la facture sera payée par les Européens », a expliqué Mark Rutte lors du Forum de Davos.

Les Européens « doivent être prêts à le faire », a-t-il ajouté, « parce qu’en ce moment, [les Américains] paient plus que les Européens ». Il a rappelé que, malgré le fait qu’il s’agisse d’un conflit mondial, « l’Ukraine est plus proche de l’Europe que des États-Unis ».

Partage du fardeau

Donald Trump ne cesse de répéter que pour bénéficier du parapluie américain, les États européens vont devoir investir dans leur propre sécurité. Le nouveau président a même laissé entendre que les États-Unis n’aideraient pas les capitales qui ne consacreraient pas au moins 2 % de leur PIB à la défense, si ces dernières étaient attaquées.

« Nous avons un gouvernement qui a accordé un financement illimité à la défense des frontières étrangères, mais qui refuse de défendre les frontières américaines ou, plus important encore, son propre peuple », avait-il affirmé lors de son investiture, fustigeant la politique de son prédécesseur.

Donald Trump a déclaré à plusieurs reprises souhaiter trouver une solution à la guerre en Ukraine lors des premiers mois de sa présidence.

[AB et LG]