LEAK : la Commission veut l’UE comme leader mondial en matière de santé

La Commission européenne souhaite que les États membres de l’UE jouent le même rôle décisif qu’ils ont eu dans la réponse mondiale à la pandémie de Covid-19 en reproduisant le rôle de leader de l’UE dans les enjeux sanitaires futurs.

Euractiv.com
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Améliorer la santé et le bien-être des personnes, renforcer les systèmes de santé et faire progresser la couverture sanitaire universelle, ainsi que lutter contre les menaces pour la santé sont les priorités de la stratégie de l'UE. [<a href="https://www.shutterstock.com/image-photo/coronavirus-maps-disease-2019-situation-update-1688224591" target="_blank" rel="noopener">[SHUTTERSTOCK/ETAJOE]</a>]

La Commission européenne souhaite que les États membres de l’UE jouent le même rôle décisif qu’ils ont eu dans la réponse mondiale à la pandémie de Covid-19 en reproduisant le rôle de leader de l’UE dans les enjeux sanitaires futurs.

La santé des personnes, les systèmes de santé et les menaces sanitaires sont au cœur de la nouvelle communication sur la stratégie mondiale de l’UE en matière de santé que l’exécutif européen devrait dévoiler mercredi (30 novembre).

La stratégie vise à garantir le rôle central de l’UE dans le débat sur la santé mondiale et fait suite à une communication qui remonte à 2010.

« Le principal message de cette stratégie est de réaffirmer la responsabilité de l’UE et d’approfondir son leadership pour assurer le meilleur niveau de santé possible, basé sur des valeurs fondamentales telles que la solidarité et l’équité, et le respect des droits de l’homme », a écrit la Commission dans une récente ébauche de la stratégie, vue par EURACTIV.

Dans un contexte marqué par la pandémie de Covid-19, la menace émergente de la résistance aux antimicrobiens et la guerre en cours sur le continent européen, il est nécessaire de faire face aux « changements significatifs au niveau de la santé mondiale et de la géopolitique » et de « renforcer le leadership de l’UE dans ce domaine », a déclaré la Commission.

Dans sa communication, la Commission a souligné la nécessité d’adopter une approche semblable à celle de « Team Europe », l’enveloppe de 40 milliards d’euros destinée à soutenir les pays partenaires dans la lutte contre la pandémie et ses conséquences.

Le mois dernier, Sandra Gallina, directrice générale du service de santé de la Commission, la DG SANTE, a déclaré à EURACTIV que « cette stratégie est un moyen d’illustrer le rôle central de l’Europe sur la carte de la santé ».

Dans une annexe de la stratégie, la Commission présentera également une liste non exhaustive de 20 projets mondiaux, régionaux et bilatéraux sur une période allant de 2023 à 2027.

Trois priorités centrales

Pour assurer ce rôle central, la Commission se concentre sur trois « priorités interdépendantes » à réaliser d’ici 2030. Celles-ci consistent à améliorer la santé et le bien-être des personnes, renforcer les systèmes de santé et faire progresser la couverture sanitaire universelle, ainsi que lutter contre les menaces pour la santé en appliquant une approche interdisciplinaire fondée sur l’initiative « Une seule santé ».

Pour répondre aux deux premières priorités, la Commission demande que l’on se concentre sur les « causes profondes de la mauvaise santé, comme la pauvreté et les inégalités sociales », mais aussi sur les nouveaux facteurs de santé qui doivent être abordés de manière intégrée.

Il s’agit notamment du changement climatique, de la dégradation de l’environnement, des crises humanitaires ou de l’insécurité alimentaire, aggravés par des crises comme l’invasion de l’Ukraine par la Russie.

En outre, il souligne la nécessité de se concentrer sur les nouveaux enjeux que sont la résistance aux antimicrobiens et la santé mentale.

La gestion des systèmes de santé est également abordée, notamment les déséquilibres de la main-d’œuvre et les pénuries de ressources, tandis que la communication appelle également à maximiser l’utilisation de l’intelligence artificielle.

La troisième priorité concerne la lutte contre les menaces actuelles et futures pour la santé. Pour cela, l’exécutif européen souhaite parvenir à une plus grande équité dans l’accès aux vaccins et autres contre-mesures, à une surveillance plus efficace des maladies dans le monde entier et à un renforcement des règles internationales et des mécanismes de coopération en matière de santé.

Dans l’ensemble, l’accent est mis sur l’approche « Une seule santé », qui aborde l’interconnexion complexe entre l’humanité, le climat, l’environnement et les animaux.

Assurer un rôle central au niveau international

Un autre aspect sur lequel se concentre la stratégie est de faire de l’UE un moteur de la coopération internationale.

« Il est de la plus haute importance d’élargir les partenariats avec un large éventail de parties prenantes concernées, en favorisant la souveraineté sanitaire pour une meilleure résilience et une autonomie stratégique soutenue par l’engagement et la responsabilité politiques des partenaires », indique la stratégie.

Pour cela, la Commission et les États membres prennent la responsabilité d’assurer la synergie entre les stratégies nationales et européennes en matière de santé mondiale et de travailler « plus étroitement que jamais dans le cadre d’une approche “Team Europe” ».

La coopération devrait être renforcée par une coopération approfondie au sein du G7, du G20 et d’autres partenaires mondiaux, régionaux et bilatéraux.

En matière de financement, l’UE et ses États membres sont collectivement parmi les plus grands bailleurs de fonds de la santé mondiale, que ce soit en termes de biens mondiaux, d’aide au développement ou d’aide humanitaire.

Les objectifs de la stratégie exigeront non seulement un engagement politique élevé au niveau mondial, mais aussi un « engagement important de ressources ».

« La contribution financière de l’UE suivra une nouvelle approche impliquant des financements innovants, des co-investissements de la part de partenaires et des mises en commun avec d’autres acteurs internationaux. L’influence de l’UE dans l’élaboration de l’agenda doit correspondre à son soutien financier en tant que promoteur de la santé mondiale », indique la stratégie.