Législatives : le « front républicain » repousse le Rassemblement national

Les forces de gauche rassemblées au sein du Nouveau Front populaire (NFP) sont arrivées en tête des élections législatives (182 députés), devant la coalition Ensemble de l’ancienne majorité présidentielle (168), et le Rassemblement national (RN).

Euractiv France
[EPA-EFE/YOAN VALAT]

Les forces de gauche rassemblées au sein du Nouveau Front populaire (NFP) sont arrivées en tête des élections législatives (182 députés), devant la coalition Ensemble de l’ancienne majorité présidentielle (168), et le Rassemblement national (143).  

Le « front républicain » aura tenu. Au terme du second tour des élections législatives du dimanche 7 juillet, et alors que les appels à faire barrage à l’extrême droite s’étaient multipliés depuis une semaine, le Rassemblement national (RN) n’obtient que 143 députés, bien loin des 289 sièges nécessaires pour constituer une majorité absolue.  

« C’est un immense soulagement pour une majorité de personnes dans notre pays », a lancé le chef de la France insoumise (LFI), Jean-Luc Mélenchon, qui a immédiatement demandé au président Emmanuel Macron « d’appeler le Nouveau Front populaire à gouverner ».  

« Nous refusons d’entrer dans des négociations avec [le parti d’Emmanuel Macron], d’entrer dans des combinaisons », a-t-il lancé, balayant l’hypothèse d’une coalition avec l’ancienne majorité présidentielle.  

Reste cependant que les partis de gauche rassemblés au sein du Nouveau Front populaire (NFP) sont loin de dominer l’Assemblée nationale et que des alliances seront obligatoires pour former une nouvelle majorité.  

« Il va falloir discuter, sortir de soi-même, accepter que l’Assemblée nationale devienne le cœur du pouvoir. C’est un changement de culture politique qui va être nécessaire », a souligné l’eurodéputé Raphaël Glucksmann, tête de liste du Parti socialiste (PS) aux dernières élections européennes.  

Ces résultats sont en tout cas un camouflet pour Marine le Pen et Jordan Bardella, le président du RN, qui s’est cependant félicité de « l’espoir » qui s’était levé ces dernières semaines, fustigeant « les alliances contre nature » et le « parti unique », qui s’étendrait de l’extrême gauche à Emmanuel Macron.  

Les résultats du second tour des élections législatives soulignent en tout cas que la stratégie de « dédiabolisation » du RN aura trouvé ses limites, et que les reports de voix auront fonctionné.

L’Élysée a de son côté annoncé attendre « la structuration » de la nouvelle Assemblée pour « prendre les décisions nécessaires », alors que des ténors de l’ancienne majorité avaient ces derniers jours lancé quelques perches en direction du Parti socialiste (PS) et des écologistes, en vue de la constitution d’un « bloc central » capable de gouverner.  

Le Premier ministre Edouard Philippe a de son côté expliqué « être prêt » à rassembler le plus largement possible, « à l’exception du Rassemblement national et de la France insoumise ».  

Au soir de la dissolution de l’Assemblée nationale, le 9 juin dernier, Emmanuel Macron avait expliqué espérer « une clarification » de la situation politique, mais c’est une France fracturée qui est sortie des urnes, puisqu’aucun des trois grands blocs de l’Assemblée national n’est en position de gouverner seul.  

Les électeurs se sont déplacés massivement pour le second tour des législatives, la participation atteignant 67,5% des inscrits contre 66,71% pour le premier tour il y a une semaine, un record depuis 1981.