Les boat people mettent l'UE à l'épreuve

Hier (13 février), la Commission européenne a déclaré qu'elle aiderait Rome à gérer la « pression exceptionnelle » suscitée par l'arrivée de milliers d'immigrants clandestins tunisiens sur l'île italienne de Lampedusa. Malte craint également de devenir un autre point de débarquement.

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Hier (13 février), la Commission européenne a déclaré qu'elle aiderait Rome à gérer la « pression exceptionnelle » suscitée par l'arrivée de milliers d'immigrants clandestins tunisiens sur l'île italienne de Lampedusa. Malte craint également de devenir un autre point de débarquement.

Samedi, l’Italie a déclaré l’urgence humanitaire sur l’île méditerranéenne de Lampedusa après l’arrivée de 4000 personnes sur un bateau venu de Tunisie la semaine dernière. Cet évènement fait suite aux troubles que connaît le pays en proie à la révolte qui a mené à l’éviction du président.

Après l’appel à l’aide lancé à l’UE par Rome, la commissaire européenne aux affaires intérieures Cecilia Malmström aurait déclaré être « pleinement consciente de la pression exceptionnelle qui pèse sur l’Italie », selon l’agence de presse DPA.

Une porte-parole de la Commission a affirmé que la situation était partiellement gérée par l’agence Frontex, un organisme européen basé à Varsovie qui coordonne les ressources pour la surveillance des frontières de l’UE.

Le gouvernement intérimaire tunisien discutera de la réponse à apporter à cette situation, a déclaré un porte-parole du gouvernement.

A la question de Reuters demandant comment les autorités tunisiennes allaient répondre au problème, le porte-parole du gouvernement, Taïeb Baccouche, a déclaré : « je ne peux pas répondre car il revient aux forces de sécurité de s'exprimer sur cette question ».

 « Nous devrons discuter de cela au sein du gouvernement à partir du moment où l'Italie nous alertera, puisque celle-ci ne nous a pas encore informé directement », a déclaré M. Baccouche, qui est également le ministre tunisien de l’éducation.

M. Baccouche a affirmé que le problème de l’immigration clandestine n’était pas nouveau mais qu’il aurait pu s’accroître du fait de la détérioration de l'ordre public en Tunisie au cours des dernières semaines, ainsi que des difficultés du gouvernement à le rétablir.

 « Il s’agit d’un phénomène qui n’a jamais cessé [avant le départ de Ben Ali] mais nous nous trouvons actuellement dans une situation exceptionnelle. Ces jeunes gens ont tiré parti de la situation. Je pense donc que dans le contexte actuel, un tel phénomène est relativement normal », a-t-il ajouté.

Envoi de forces policières italiennes en Tunisie ?

Dimanche, le ministre de l’intérieur italien, Roberto Maroni, a déclaré que l’Europe ne mettait rien en œuvre pour contribuer à stopper le flux de migrants et qu’il demanderait la permission à la Tunisie de faire intervenir les autorités italiennes, selon la BBC.

M. Maroni, membre du parti anti-immigration de la Ligue du nord, a déclaré que le système tunisien était en train de « s’effondrer ».

Il a accusé les autres pays de l’UE de laisser l’Italie gérer seule la situation, malgré l’impact que cela pourrait avoir sur d’autres Etats.

M. Baccouche a expliqué que les Tunisiens rejetteraient l’idée d’accueillir des troupes étrangères sur leur sol mais que le gouvernement débattrait sur ce point.

Malte, prochaine sur la liste ?

Entre-temps, le ministre de la justice maltais, Carm Mifsud Bonnici, a écrit à Mme Malmström pour exprimer ses inquiétudes quant à une possible vague d’immigration qui pourrait déferler sur Malte prochainement, selon le Times of Malta.

Il a déclaré que Malte soutenait les appels de l’Italie à la tenue d’une réunion des ministres de la justice européens pour discuter de l’impact des évènements survenus en Afrique du nord sur l’immigration.

Selon l’agence de réfugiés de l’ONU qui observe la situation, Malte pourrait être le prochain point de débarquement pour les immigrés tunisiens qui sont très nombreux à fuir vers Lampedusa.