Les chambres d'agriculture opposées à plus de 20% d'aides vertes
Dans ses voeux à la presse, le président des Chambres d'agriculture, Guy Vasseur, a réitéré son opposition à un conditionnement trop élevé des aides agricoles au respect de normes environnementales, comme le souhaite la Commission.
Dans ses voeux à la presse, le président des Chambres d’agriculture, Guy Vasseur, a réitéré son opposition à un conditionnement trop élevé des aides agricoles au respect de normes environnementales, comme le souhaite la Commission.
2013, dernière ligne droite de la réforme de la politique agricole commune. Et, pour les exploitants français, pas question de relâcher la pression.
Lors de ses voeux, mardi 8 janvier, le président des Chambres d’agriculteurs de France a rappelé qu’un conditionnement de 30% des aides agricoles en fonction du respect de critères écologiques n’était pas acceptable. Cette mesure est mise en avant par la Commission européenne dans le cadre des négociations de la PAC pour 2014-2020. Guy Vasseur penche plutôt pour un chiffre « entre 10 et 20% ».
Avec un budget très probablement en baisse, il n’était pas possible d’imposer de telles contraintes aux agriculteurs, a-t-il souligné. « La marche qu’on veut nous faire franchir est trop élevée », a-t-il estimé, tout en se félicitant de l’action du président de la République, « le seul chef d’Etat à s’être mouillé pour le budget de la PAC ».
De la régulation pour 2013 ?
Dans le même temps, les exploitants vont devoir faire face à la convergence des aides entre les pays de l’Ouest et de l’Est, a tenu à rappeler M. Vasseur. « Nous y sommes favorables (…) du moment que cela prend en compte le pouvoir d’achat et les coûts réels », a-t-il expliqué. Actuellement, un agriculture letton ne touche que 94 euros pour un hectare de terre, contre plus de 457 aux Pays-Bas.
L’alignement des versements est aussi prévu sur le plan national, ce qui remettra en cause le partage des aides entre éleveurs et céréaliers. Ces derniers sont actuellement largement avantagés.
Dans le cadre de la décentralisation voulue par François Hollande, la gestion du Fonds européen agricole de développement rural devrait être confiée aux régions. Des réserves existent dans le milieu agricole depuis longtemps. Les professionnels soutiendront une telle mesure uniquement « si un cadre national est bien établi » pour éviter « autant de démarches différentes que de régions », a-t-il expliqué.
En Europe, ce que souhaite par dessous tout le président des Chambres d’agriculture pour 2013, c’est la mise en place d’instruments de régulation des marchés pour mettre les agriculteurs à l’abri de la volatilité des prix. Or, ils sont pour le moment largement absents des textes négociés à Bruxelles entre les Etats et les institutions.