Les coopératives, solution contre la dépendance énergétique

L'analyse de projets de coopératives énergétiques s'avère prometteuse. L'UE veut promouvoir ce type de modèle pour limiter sa dépendance énergétique par rapport à la Russie.

EURACTIV.com
Éolienne. Marienkoog, 2008. [Danish Wind Industry/Flickr]
Éolienne. Marienkoog, 2008. [Danish Wind Industry/Flickr]

L’analyse de projets de coopératives énergétiques s’avère prometteuse. L’UE veut promouvoir ce type de modèle pour limiter sa dépendance énergétique par rapport à la Russie.

La Commission européenne et des experts en énergie se sont réunis la semaine dernière à Bruxelles à l’occasion de la semaine européenne de l’énergie durable.

Le conflit de l’UE avec son plus grand fournisseur de gaz naturel, le russe Gazprom, a amené la dépendance énergétique au top des priorités. Même sans ça, l’importation d’énergie à un coût. Selon les estimations de la Commission européenne, l’UE a dépensé un milliard d’euros par jour pour importer de l’énergie l’année dernière.

Cependant, en Belgique et dans de nombreuses villes en Europe du Nord, les habitants prennent la production d’énergie en main. Ils créent par exemple des projets d’investissement dans lesquels tout le monde peut devenir actionnaire.

« C’est une occasion qui se présente aux citoyens. La production [d’énergie] se rapproche d’eux », a indiqué Dirk Vansintjan, lors d’une conférence sur les systèmes énergétiques décentralisés. Il coordonne Ecopower, une coopérative d’énergies renouvelables.

Cette coopérative, en partie financée par l’Union européenne, vise à inciter les citoyens à investir dans les énergies renouvelables. Chacun peut par exemple acheter des parts et ainsi devenir membre d’un projet.

Lors du dernier décompte, la coopérative totalisait près de 37 000 membres. Elle possédait 11 éoliennes, trois infrastructures hydroélectriques, un système de production de biomasse et 270 panneaux solaires.

L’Europe compte plus de 2 400 coopératives d’énergie renouvelable, appelées REScoops (en anglais : Renewable Energy Sources cooperative).

« Nous mesurons le fort potentiel de ce type de modèle […] », a indiqué Adrien Bullier, collaborateur pour l’agence exécutive pour les petites et moyennes entreprises de la Commission européenne (EASME).

COP 21 à Paris

L’une des volontés des citoyens actifs dans le projet REScoops est d’atténuer les effets du changement climatique, selon Dirk Vansintjan. Ils tentent aussi de devenir « des citoyens éthiques » en produisant de l’énergie à faible émission de carbone.

La Commission européenne a publié récemment une série d’objectifs pour 2030 en matière de climat et d’énergie. Ils comprennent notamment une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 40 % et une augmentation d’au moins 27 % de la part des énergies renouvelables par rapport au niveau de 1990.

L’UE s’est également engagée à réduire ses émissions entre 80 et 95 % d’ici 2050.

« La Commission européenne est en effet optimiste quant à l’énergie [produite en] communauté, ces initiatives dépendent généralement des énergies renouvelables et contribuent donc à remplir les objectifs en matière de sources d’énergies renouvelables et de gaz à effet de serre », a déclaré Sabine Berger, porte-parole du commissaire en charge de l’énergie, Günther Oettinger.

L’année prochaine, les gouvernements du monde entier se réunissent à Paris à l’occasion de la Conférence Paris Climat 2015 des Nations unies (COP21).L’objectif de la conférence est de conclure un accord juridiquement contraignant en vue de réduire les émissions de CO2 et de limiter le réchauffement climatique à moins de deux degrés.

« L’énergie produite [en] communauté doit être reconnue comme la stratégie clé en matière de développement économique, social et local », a affirmé Josh Roberts de l’ONG ClientEarth.

Cependant, les citoyens peuvent être confrontés à des obstacles réglementaires ou financiers lors du lancement de projets de coopérative en raison des différences de réglementation entre les États membres. Les marchés de l’énergie sont généralement dominés par quelques grands acteurs bien établis.

« Les projets d’énergies renouvelables peuvent être financés, mais c’est plus facile dans certains pays que d’autres », a indiqué Dirk Vansintjan.

« Nous avons besoin de politiques qui permettent aux citoyens de s’organiser sous la forme de REScoops. L’économie n’est pas régie par le droit naturel. J’ai entendu des gens faire allusion [à ce projet] en ces termes. Il s’agit d’un cadre réglementaire d’accords et de règles, tous établis par la population. La population élit les personnalités politiques », a-t-il conclu.