Les communautés locales de l’énergie placent leurs espoirs dans la nouvelle Commission européenne

Un projet énergétique communautaire dans le sud-ouest de Bruxelles a permis de réduire les factures d’énergie d’un centre de douches pour sans-abri et espère que la nouvelle Commission européenne contribuera à faire de ce projet une réalité quotidienne dans toute l’Europe.

EURACTIV.com
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DoucheFLUX paie Brupower lorsque les panneaux produisent et que le site consomme simultanément de l’énergie, les bénéfices étant réinvestis dans ce site ou dans d’autres sites Brupower. Environ 80 % de l’énergie produite par les panneaux solaires est directement consommée sur le site, tandis que deux maisons voisines bénéficient également de l’énergie excédentaire. [RESCoop]

Un projet énergétique communautaire dans le sud-ouest de Bruxelles a permis de réduire les factures d’énergie d’un centre de douches pour sans-abri, dans l’espoir que la nouvelle Commission européenne contribuera à faire de ce projet une réalité quotidienne dans toute l’Europe.

Par une froide matinée de décembre, dans le quartier d’Anderlecht, au sud-ouest de Bruxelles, une file de personnes sans domicile fixe attend patiemment à l’entrée du centre de lavage et de douche DoucheFLUX.

Depuis le printemps de cette année, des panneaux solaires installés sur le toit alimentent les machines à laver et les sèche-linge du site, dans le cadre d’un partenariat avec la coopérative énergétique locale Brupower.

« Nous attendons la facture annuelle finale d’électricité, mais nous visons une réduction de 20 à 30 % », a déclaré Benjamin Brook, directeur de l’installation, lors d’une visite de presse ce mardi 3 décembre.

Brupower compte 300 membres qui sont collectivement propriétaires des installations solaires. La coopérative a installé les panneaux et est responsable de leur fonctionnement et de leur entretien.

DoucheFLUX paie Brupower lorsque les panneaux produisent et que le site consomme simultanément de l’énergie, et les bénéfices sont réinvestis dans ce site ou dans d’autres sites de la coopéative. Environ 80 % de l’énergie produite par les panneaux solaires est directement consommée sur le site, tandis que deux maisons voisines bénéficient également de l’énergie excédentaire.

Pour Benjamin Brook, « nous avons commencé comme un projet communautaire » et c’est pourquoi « l’approche de la communauté et du partage de l’énergie correspond tout à fait à notre éthique ».

Le soutien de l’Europe

La Commission européenne estime que cette approche communautaire permet de canaliser les bénéfices de la transition énergétique au niveau local et d’attirer de nouveaux investissements dans les installations renouvelables.

Le paquet « Une énergie propre pour tous les Européens » a inscrit le concept dans la loi à partir de 2019, et d’autres politiques de soutien ont été ajoutées dans la réponse de l’Union européenne (UE) à la crise énergétique de 2022.

« Le paquet “énergie propre” de l’UE aurait dû être transposé dans le droit national il y a deux ans, mais la mise en œuvre est encore très inégale », a expliqué Josh Roberts aux journalistes à Anderlecht. Ce dernier est conseiller politique principal auprès de RESCoop, une fédération européenne de communautés énergétiques, qui a organisé la visite du site.

« Certains des éléments constitutifs sont là, mais un cadre habilitant pour les communautés énergétiques est encore nécessaire », a-t-il ajouté.

Stanislas Herbemont, un membre du conseil d’administration de Brupower qui était présent à l’événement, partage cet avis. Les communautés énergétiques seront « transformatrices », a-t-il déclaré, « mais un soutien structurel est nécessaire pour s’assurer qu’elles réalisent leur plein potentiel ».

L’espoir danois

Les partisans de cette approche pensent que la nouvelle Commission européenne fera davantage pour que les communautés énergétiques deviennent une expérience quotidienne, et ils placent leurs espoirs dans un nouveau paquet « Énergie citoyenne », que le nouveau commissaire à l’Énergie, le Danois Dan Jørgensen, a été chargé d’élaborer.

Ce paquet « Énergie citoyenne » a comme objectif « d’accroître la participation des citoyens à la transition énergétique et à renforcer la dimension sociale de l’Union de l’énergie ». Il devrait également « s’attaquer à la pauvreté énergétique et contribuer au plan européen pour le logement abordable », comme l’indique la lettre de mission envoyée par Ursula von der Leyen au nouveau commissaire européen.

Outre l’application des règles existantes, RESCoop demande à la nouvelle Commission de prévoir un financement européen pour les communautés énergétiques, car cela « peut aider à réduire les risques liés aux investissements dans les projets locaux et encourager la croissance ».

Lors de son audition du 4 novembre devant les eurodéputés, Dan Jørgensen a parlé avec enthousiasme des communautés énergétiques, les qualifiant de « succès » et affirmant qu’elles permettent « aux gens de prendre les choses en main ».

« Il est possible que nous puissions également financer, à l’avenir, des projets comme celui-ci », a-t-il conclu.

Josh Roberts, de RESCoop, a affirmé que « nous aimerions que Dan Jørgensen vienne ici [sur le site de DoucheFLUX] » et a noté qu’il « a l’expérience des communautés énergétiques au Danemark — nous espérons donc que la prochaine Commission pourra tenir ses promesses ».

[Édité par Anna Martino]