Les députés européens en panique face à la montée de l’extrême droite

Les partis anti-européens risquent d'entrer en masse au Parlement en mai 2014. Le sujet angoisse les parlementaires européens qui tentent d'en comprendre les causes.

EURACTIV.fr
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Les partis anti-européens risquent d'entrer en masse au Parlement en mai 2014. Le sujet angoisse les parlementaires européens qui tentent d'en comprendre les causes.

Le mantra de Marine Le Pen sur la première place du Front national aux élections européennes commence à angoisser les députés européens.

Le parti d’extrême droite qui affiche son ambition de devenir le "premier parti de France" à l'occasion du scrutin européen de mai 2014 et ses paires européens ont fait l’objet d’un débat le 9 octobre à Strasbourg.

Le débat en séance plénière consacré à la montée de l'extrémisme de droite en Europe a été notamment évoqué l’assassinat en Grèce du rappeur antifasciste Pavlos Fyssas, par l'un des militants du parti néonazi Aube Dorée.

Mais au delà du cas grec, les eurodéputés se sont aussi penchés sur la question de la côte de popularité des mouvements populistes à travers l’UE, qui prospère sur la crise économique prolongée.

« La montée de l’extrémisme est une préoccupation centrale de l’Union européenne » a rappelé la vice-présidente de la Commission européenne en charge de la justice et de la citoyenneté, Viviane Reding. Elle a également indiqué une hausse des incidents racistes et xénophobes au sein de l’UE en 2012.

Politiques migratoires, crise et chômage

A l’occasion d’un débat organisé le même jour par l’eurodéputé français Philippe Juvin (PPE), certains élus ont abordé la situation contrastée de la montée de l’extrême droite dans les sondages d’opinion dans leurs pays respectifs.

Aussi disparates soient-ils, les différents mouvements anti-européens  et populistes tirent généralement avantage d’une situation propice au rejet des pouvoirs traditionnels, alliant crise économique, immigration et chômage.

« La montée d’Aube Dorée est allée de paire avec la crise économique, les problèmes d’immigration et la corruption politique » souligne la députée grecque Marietta Ginnakou (PPE).

« Le jour où le chômage aura reculé en Grèce, il n’y aura plus d’Aube Dorée. Comme en France, sans la crise, le Front National retournerait probablement à ses volumes des vote d’avant » affirme Philippe Juvin.

Une tendance paneuropéenne

Pour autant, certains pays à l’image de l’Espagne – aussi touchés par la crise – semblent davantage immunisés. Pour l’eurodéputée espagnole Cristina Gutiérrez-Cortines (PPE), la montée de l’extrême droite reste possible en Espagne. «  Mais notre droite traditionnelle, fortement marquée par la religion catholique est ainsi moins sujette à une dérive extrémiste » affirme-t-elle.  

Pour Marietta Giannakou, la montée du parti néonazi Aube dorée ne reflète pas nécessairement une hausse du racisme. «  Les citoyens grecs qui ont voté pour Aube Dorée ne sont pas tant des personnes racistes que des gens qui rejettent violemment le système politique en place » affirme-t-elle. 

La popularité d'Aube dorée est d’ailleurs est en chute libre depuis l’assassinat du militant antifasciste par un membre du parti néonazi. Selon un sondage repris par l’AFP,  68%  des Grecs estiment que le parti d'extrême droite est une organisation criminelle. Soutenue par 14 % des personnes interrogées en juillet, Aube dorée chute désormais à 8,5 %.

Montée de l’extrême droite en France

« La France est certainement un des pays où l’extrême droite est la plus puissante » reconnaît Jean-Marie Cavada, député européen et vice-président de l’UDI.  

Selon  un nouveau sondage IFOP pour Le Nouvel Observateur, le Front National pourrait même sortir gagnant des élections européennes de mai 2014. Parti de Marine Le Pen totaliserait ainsi 24% des intentions de vote. Un score qui le place devant l’UMP et les socialistes, qui totalisent respectivement 22% et 19% des intentions de vote.

>>Lire  l’article « Le Front National en première position aux européennes, selon l'Ifop » 

Cela représente une hausse de 3 points par rapport au sondage réalisé par l’Ifop pour Valeurs Actuelles en juin dernier, dans lequel le Parti socialiste, l'UMP et le Front national étaient au coude à coude avec 21% des intentions de vote.

Une alliance difficile

Les disparités profondes existantes entre les différents mouvements anti-européens rendent toutefois une alliance difficile. « Même si l’ensemble des mouvements anti-européens réalise un bon score lors des élections, ils ne pèseront guère au Parlement européen en étant aussi divisés » relativise Jean-Marie Cavada.

Si certaines alliances sont impossibles, d’autres sont cependant déjà en route. Sans être complètement assumé, un rapprochement du Front national et du parti pour la liberté du néérlandais Geert Wildres a été évoqué à plusieurs reprises au cours des derniers mois.

>> Lire l’article «  Le Front National continue de flirter avec l’extrême droite néerlandaise » 

Plus récemment, c’est la députée FN Marion Maréchal le Pen qui s’est rendue à un rassemblement du parti séparatiste flamand Vlaams Belang, fervant opposant à l’UE.