Les droits de douane chinois sur le bœuf donnent un nouvel élan à l’accord UE-Mercosur

La décision de la Chine d’imposer de nouveaux droits de douane sur les importations de bœuf en provenance de partenaires clés tels que le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay accentue la pression sur les exportateurs sud-américains et donne un nouvel élan à l’accord commercial UE-Mercosur.

EURACTIV.com
[Kilito Chan]

Depuis le 1er janvier, Pékin applique des droits de douane supplémentaires de 55 % sur les importations de bœuf dépassant un quota fixe pour les principaux exportateurs, notamment les États-Unis, l’Australie, le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay, a annoncé le ministère chinois du Commerce mercredi 31 décembre. Ces droits de douane seront en vigueur pendant trois ans.

Pour 2026, la Chine a fixé le quota total d’importation de bœuf à 2,7 millions de tonnes, ce qui correspond à peu près aux importations du pays en 2024. Cette mesure vise à protéger l’industrie nationale du bœuf, qui a été mise à rude épreuve ces dernières années en raison de l’augmentation des importations.

En 2024, le Brésil a expédié plus d’un million de tonnes de bœuf vers la Chine, soit une hausse de 12,7 % par rapport à l’année précédente. Les exportations devraient atteindre un niveau record de 1,6 million de tonnes en 2025. L’Argentine et l’Uruguay sont également des fournisseurs importants, avec respectivement 600 000 tonnes et 200 000 tonnes de bœuf exportées.

Les pays exportateurs cherchent à minimiser l’impact immédiat. Bien que la Chine soit la principale destination du bœuf brésilien, l’impact des droits de douane devrait être limité, a déclaré Luis Rua, secrétaire au commerce et aux relations internationales du ministère brésilien de l’Agriculture, à la CNN.

Il a ajouté que le Brésil pouvait maintenir ses volumes d’exportation tout en respectant les quotas.

Néanmoins, ces nouvelles restrictions renforcent la pression stratégique exercée sur les producteurs sud-américains pour qu’ils diversifient leurs marchés d’exportation et renforcent les arguments en faveur d’un rapprochement avec l’UE.

Dans ce contexte, la décision de la Chine renforce la dynamique en faveur de l’accord commercial UE-Mercosur, qui a connu des années de retards politiques et que le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva souhaite particulièrement voir signé d’ici la fin 2025.

La signature de cet accord commercial, initialement prévue le mois dernier,  a été reportée au 12 janvier et la pression s’intensifie sur les opposants à l’accord au sein de l’UE. En Autriche, le gouverneur de la banque centrale du pays a appelé lundi 29 décembre le gouvernement à reconsidérer son opposition à l’accord avec le Mercosur, selon Reuters.