Les entreprises allemandes demandent une renégociation de l’accord UE-Chine sur les investissements
La Fédération des industries allemandes (BDI) a appelé à une renégociation de l’accord sur les investissements entre l’UE et la Chine dans une déclaration ce mercredi.
La Fédération des industries allemandes (Bundesverband der Deutschen Industrie, BDI) a appelé à une renégociation de l’accord sur les investissements entre l’UE et la Chine, qui est actuellement suspendu, dans une déclaration quelque peu surprenante ce mercredi (5 avril).
« En raison de sa position dans la guerre d’agression de la Russie contre l’Ukraine, la Chine a grandement perdu la confiance de l’Allemagne et de l’Europe », a indiqué Tanja Gönner, directrice générale de la BDI dans la déclaration.
L’industrie allemande attend de la présidente de la Commission européenne Ursula Von der Leyen et du président français Emmanuel Macron, qui se rendent à Pékin cette semaine, qu’ils « insistent sur la fiabilité des dirigeants chinois et sur le respect des règles internationales », peut-on également lire dans la déclaration, où la Russie et la Chine sont mises en cause.
Cela inclurait une renégociation de l’accord commercial historique avec Pékin, l’accord global sur les investissements (AGI) — qui a été rédigé en 2020, mais qui a ensuite été bloqué au Parlement européen après que certains de ses législateurs aient été sanctionnés par Pékin.
« Beaucoup de choses ont changé en Chine et dans le reste du monde depuis lors. Avant de reprendre le processus de ratification, une réévaluation de l’accord serait d’abord nécessaire », estime la BDI.
L’industrie allemande a d’abord salué l’initiative, a déclaré Mme Gönner, « même si l’accord a laissé en suspens de nombreux points essentiels tels que la réciprocité de l’accès au marché et la protection des investissements ».
Il semble donc que l’industrie allemande suggère que l’accord devrait être renégocié, indépendamment de l’abandon ou non des sanctions chinoises à l’encontre des Européens.
La déclaration de la BDI est survenue alors que M. Macron et Mme von der Leyen effectuent une visite conjointe à Pékin qui devrait constituer un exercice d’équilibre délicat entre la réduction des risques liés aux dépendances économiques et l’examen de questions épineuses telles que l’Ukraine.
La semaine dernière, Ursula Von der Leyen a semblé laisser entendre dans un discours que l’UE pourrait également mettre fin à l’accord sur le commerce et l’investissement conclu avec la Chine.
« Nous savons qu’il existe des domaines dans lesquels le commerce et les investissements présentent des risques pour notre sécurité économique ou nationale, en particulier dans le contexte de la fusion explicite par la Chine de ses secteurs militaire et commercial », a déclaré Mme von der Leyen.
« C’est le cas de certaines technologies sensibles, de biens à double usage ou même d’investissements qui s’accompagnent de transferts forcés de technologies ou de connaissances », a-t-elle ajouté.
Ces dernières semaines, les responsables politiques de l’UE soulignent de plus en plus fréquemment que la position de la Chine a radicalement changé depuis le début des négociations de l’accord historique en 2013.
En effet, depuis lors, les entreprises européennes ont été confrontées à un manque croissant d’accès au marché et à des privilèges accordés aux entreprises chinoises par rapport aux entreprises étrangères, ont indiqué les officiels.
Dans le même temps, l’Union a développé une série d’outils commerciaux autonomes.
La réévaluation par Bruxelles de ses liens commerciaux avec la Chine intervient alors que l’Union est de plus en plus consciente du déséquilibre commercial avec Pékin ainsi que de ses dépendances économiques actuelles et futures dans plusieurs secteurs cruciaux.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]