Les États-Unis et les Royaume-Uni sanctionnent cinq décideurs politique bulgares pour corruption

Les États-Unis ont sanctionné cinq décideurs politiques bulgares, dont deux anciens ministres, en vertu de la loi Magnitsky, estimant qu’ils étaient « largement impliqués dans des activités de corruption en Bulgarie ».

EURACTIV Bulgarie
Vladislav Goranov
Vladislav Goranov à l’époque où il était ministre des Finances au sein du gouvernement de Boyko Borissov. [Dnevnik, Georgi Kozhuharov]

Les États-Unis ont sanctionné, vendredi dernier (10 février), cinq décideurs politiques bulgares, dont deux anciens ministres, en vertu de la loi Magnitsky, estimant qu’ils étaient « largement impliqués dans des activités de corruption en Bulgarie ».

Les deux ministres sanctionnés sont Vladislav Goranov, ancien ministre des Finances du parti Citoyens pour le développement européen de la Bulgarie (Graždani za evropejsko razvitie na Bǎlgarija, GERB) dans le gouvernement de Boyko Borissov, et Rumen Ovcharov, ancien ministre de l’Énergie du Parti socialiste bulgare (BSP) dans le gouvernement de Sergei Stanishev.

Les trois autres personnes sanctionnées sont deux anciens responsables de la centrale nucléaire bulgare de Kozloduy, ainsi que Nikolay Malinov, leader du mouvement des « pro-russes », qui est en procès pour espionnage au profit de la Russie.

La nouvelle série de sanctions a été annoncée à Sofia en présence de Jim O’Brien, chef du Bureau de coordination des sanctions du Département d’État américain.

Selon le département du Trésor américain, les cinq personnes visées par les nouvelles sanctions étaient « largement impliquées dans des activités de corruption en Bulgarie ».

« Les États-Unis soutiennent leur allié de l’OTAN, la Bulgarie, dans sa lutte à la fois contre la corruption profondément enracinée et contre l’influence russe qui mine les institutions démocratiques », a déclaré le sous-secrétaire au Terrorisme et au Renseignement financier du département du Trésor, Brian Nelson.

« Les actions mises en lumière aujourd’hui concernent tous les partis politiques et tous les gouvernements, ce qui démontre l’urgence de démanteler les réseaux qui reproduisent depuis des années des activités illégales, notamment dans le secteur de l’énergie. »

« La corruption prive le peuple bulgare de centaines de millions de dollars et entrave les investissements et la croissance économique du pays », a-t-il ajouté.

« M. Goranov a utilisé sa position de ministre des Finances pour soutenir la corruption de fonctionnaires bulgares et a privé l’État de recettes fiscales au profit d’oligarques bulgares. En tant que ministre des Finances, M. Goranov a participé à un système de corruption, à la suite duquel des fonctionnaires bulgares ont reçu des dizaines de millions d’euros en échange d’une législation favorable à l’industrie du jeu », ont déclaré les autorités américaines dans un communiqué.

Dans le même temps, le Royaume-Uni a également annoncé qu’il imposait des sanctions pour corruption à l’encontre de Delyan Peevski, Vasil Bozhkov et Ilko Zhelyazkov. Ces trois personnes ont été sanctionnées dans le cadre de la loi Magnitsky il y a un an et demi par les États-Unis.

Les États-Unis auraient sanctionné M. Goranov en raison de ses liens avec Delyan Peevski et le secteur des jeux d’argent.

Les États-Unis affirment également que M. Ovcharov a reçu des millions d’euros de pots-de-vin.

« M. Ovcharov s’est engagé à plusieurs reprises dans des contrats énergétiques corrompus avec des entreprises énergétiques russes, recevant des pots-de-vin et d’autres avantages en échange de contrats à prix fixe pour le gaz russe et le combustible nucléaire et de contrats de maintenance pour la centrale nucléaire de Kozloduy ». Il a reçu plus de 5 millions d’euros sur des comptes bancaires extraterritoriaux depuis qu’il est ministre de l’Énergie, précise le communiqué américain.

En ce qui concerne les deux précédents responsables de Kozloduy, Alexander Nikolov et Ivan Genov, le département du Trésor américain affirme qu’ils ont coordonné la prise de commissions en réorientant les contrats de service pour la centrale nucléaire vers leurs propres intérêts commerciaux. Les arrangements commerciaux résultant de ces contrats se seraient poursuivis au moins jusqu’en 2020.

En outre, Nikolay Malinov aurait soudoyé un juge bulgare pour lui permettre de se rendre en Russie, alors qu’il faisait l’objet d’une enquête pour espionnage, afin de recevoir personnellement l’Ordre de l’amitié du président russe Vladimir Poutine, ainsi qu’un prix en espèces de 2,5 millions de roubles.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]