Les États-Unis veulent imposer des sanctions à l’encontre d’un bataillon israélien
Les États-Unis pourraient imposer des sanctions au bataillon Netzah Yehuda des forces israéliennes de défense (IDF) en raison d’allégations de violations des droits humains à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie.
Les États-Unis pourraient imposer des sanctions au bataillon Netzah Yehuda des forces israéliennes de défense (IDF) en raison d’allégations de violations des droits humains à l’encontre de Palestiniens en Cisjordanie. C’est ce qu’ont rapporté plusieurs médias américains, dont le portail Axios.
Le secrétaire d’État américain Antony Blinken, qui s’était déjà exprimé sur le sujet ces derniers jours, a annoncé que « la décision a été prise et sera mise en œuvre dans les jours à venir, conformément à la loi Leahy qui interdit l’aide militaire aux armées étrangères qui violent le droit international ».
« Il s’agit d’une loi importante que nous appliquons universellement. L’enquête a pris beaucoup de temps et a été menée de manière rigoureuse », a-t-il ajouté.
Samedi (20 avril), le Congrès américain a donné son feu vert à l’octroi d’une aide militaire d’un montant total de 13 milliards de dollars à Israël, allié de longue date de Washington, dans sa guerre contre le groupe terroriste palestinien du Hamas dans la bande de Gaza. Parallèlement à cela, plus de 9 milliards de dollars seront alloués pour répondre « au besoin désespéré d’aide humanitaire à Gaza et à d’autres populations vulnérables dans le monde », précise le texte de loi.
Colère d’Israël
Les projets de sanctions américaines contre l’armée israélienne ont suscité l’ire d’Israël et risquent d’accentuer les divisions entre l’administration américaine de Joe Biden et l’administration israélienne dirigée par Benyamin Netanyahou et dominée par l’extrême droite religieuse.
Bien que les responsables étasuniens cités par les médias américains n’aient pas nommé l’unité militaire visée par les sanctions, les médias israéliens l’ont identifiée comme étant le bataillon Netzah Yehuda, composé de soldats juifs ultraorthodoxes.
« Si quelqu’un pense pouvoir imposer des sanctions à une unité de l’armée israélienne, je le combattrai de toutes mes forces », a fustigé Benyamin Netanyahou dimanche (21 avril).
Selon le quotidien The Times of Israel et d’autres médias israéliens tels que Israel Hayom, le Premier ministre israélien a été soutenu par d’autres hauts fonctionnaires qui ont dénoncé les projets de sanctions prévus par les États-Unis, notamment l’ancien chef militaire et membre actuel du cabinet de guerre, Benny Gantz.
Netzah Yehuda, qui signifie « Judée pour toujours » en hébreu, est basé en Cisjordanie, où il constitue une petite partie de la force militaire israélienne. Certains de ses membres sont accusés de violations des droits humains sur des Palestiniens dans la région.
L’année dernière, le bataillon a fait l’objet de vives critiques de la part de Washington après la mort d’Omar Assad, un Américain d’origine palestinienne âgé de 78 ans, décédé après avoir été arrêté à un poste de contrôle en Cisjordanie.
L’enquête israélienne n’a pas permis d’engager des poursuites pénales dans le cadre de cette affaire, les enquêteurs militaires ayant déclaré qu’ils ne pouvaient pas établir de lien direct entre les actions des soldats et la mort d’Omar Assad.
Le ministre de la Défense Yoav Gallant a indiqué que la pénalisation de l’unité pourrait « jeter une ombre sur l’ensemble de l’armée israélienne », rapporte le journal Israel Hayom. M. Gallant se serait plaint auprès de l’ambassadeur américain, estimant que « ce n’est pas une façon de se comporter avec des partenaires et des amis ».
L’ancien Premier ministre Yair Lapid, aujourd’hui chef de l’opposition, a qualifié les sanctions d’« erreur » et a affirmé que « nous devons agir pour les annuler ». « La source du problème ne se situe pas au niveau militaire, mais au niveau politique », conclut-il.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]