Les eurodéputés interrogeront le futur commissaire à l’Économie sur le besoin d’investissements publics de l’UE
Valdis Dombrovskis, désigné pour reprendre le portefeuille de l’Économie, sera interrogé par les eurodéputés sur les futurs besoins d’investissement de l’UE, peut-on lire dans une ébauche de questions de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement consultée par Euractiv.
Le Letton Valdis Dombrovskis, désigné pour reprendre le portefeuille de l’Économie, sera interrogé par les eurodéputés sur les futurs besoins d’investissement de l’Union européenne (UE), peut-on lire dans une ébauche de questions de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen (ECON) consultée par Euractiv.
Valdis Dombrovskis, fervent partisan de la rigueur budgétaire et actuel vice-président exécutif de la Commission chargé du Commerce, a été choisi pour prendre le portefeuille de l’Économie, de la Productivité, de la Mise en œuvre et de la Simplification pour la législature 2024-2029.
Avant cela, il devra toutefois fournir des clarifications écrites aux eurodéputés sur la manière dont les investissements seront financés une fois que le programme d’emprunt commun de l’UE « NextGenerationEU », doté de 806,9 milliards d’euros, arrivera à échéance dans deux ans.
« Alors que NextGenerationEU arrivera à son terme fin 2026, comment la nouvelle Commission s’attaquera-t-elle à l’énorme demande d’investissements publics, notamment pour combler le déficit de productivité de l’UE, sans réduire les ressources budgétaires dans d’autres domaines importants ? », peut-on lire dans le projet de questions écrites de la commission ECON.
Une deuxième question concerne les nouvelles règles budgétaires strictes de l’UE, approuvées plus tôt cette année. Les eurodéputés demandent comment celles-ci peuvent promouvoir une « croissance durable et inclusive grâce aux investissements et aux réformes » tout en veillant à ce que les niveaux de dette et de déficit déjà élevés des États membres restent « sains et durables ».
De nombreux analystes ont fait valoir que le « cadre de gouvernance économique révisé », qui fixe des objectifs stricts de réduction de la dette pour les États membres dont le ratio dette/PIB annuel est supérieur à 60 %, entravera la capacité de l’Union à réaliser des investissements essentiels et à rester compétitive à l’échelle mondiale.
La nouvelle présidente de la commission ECON, l’eurodéputée française Aurore Lalucq (Socialistes et Démocrates européens), soutient fermement une politique industrielle menée par les États et défend vigoureusement la nécessité d’investissements publics pour stimuler la compétitivité de l’Europe.
En revanche, les ministres des Finances de la zone euro ont déclaré en juillet dernier que les nouvelles règles budgétaires « conduiront à une orientation budgétaire restrictive pour l’ensemble de la zone euro en 2025 ».
Ces derniers ont ajouté qu’une telle politique était « appropriée » compte tenu de la nécessité de « renforcer la viabilité budgétaire » et d’assurer une baisse continue des pressions inflationnistes.
Valdis Dombrovskis, ancien Premier ministre letton, sera également interrogé par les eurodéputés sur sa « position » concernant diverses initiatives sociales, notamment le pilier européen des droits sociaux — un ensemble de 20 principes approuvés par les États membres en 2017 qui garantit aux citoyens de l’UE l’accès aux soins de santé, à un revenu minimal et à d’autres droits et services sociaux de base.
Le candidat commissaire devrait recevoir les questions définitives de la commission ECON ce jeudi 10 octobre et aura 12 jours pour y répondre. Son audition aura lieu entre le 4 et le 12 novembre.
Cette audition intervient deux mois après que le président de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a déclaré que l’Europe devait réaliser des investissements supplémentaires à hauteur de 800 milliards d’euros par an, soit près de 5 % du PIB annuel de l’Union, pour rester compétitive par rapport à la Chine et aux États-Unis.
L’économiste italien a également ajouté qu’une grande partie de cet argent proviendrait du secteur public.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]