Les eurodéputés refusent la tolérance pour les résidus de pesticides dans les aliments importés

Les eurodéputés ont rejeté deux propositions de la Commission européenne visant à ajuster les limites de résidus dans les aliments de certains produits chimiques interdits par l’UE, renforçant ainsi leur engagement en faveur d’une politique de tolérance zéro pour les produits importés.

Euractiv.com
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Christophe Clergeau (FR, S&D), premier rapporteur de la résolution demandant la fin de la tolérance pour les résidus de pesticides dans les aliments importés. [Parlement européen]

Les eurodéputés ont rejeté mercredi 18 septembre deux propositions de la Commission européenne visant à ajuster les limites de résidus dans les aliments de certains produits chimiques interdits par l’Union européenne (UE), renforçant l’engagement d’une tolérance zéro pour les produits importés.

Le rejet a reçu un soutien massif de tous les groupes politiques, et seulement quelques membres du Parti populaire européen (PPE) de centre droit ont voté contre.

Au total, 522 eurodéputés (sur une majorité requise de 359) ont voté pour le rejet de la première proposition concernant le cyproconazole et le spirodiclofène, tandis que 127 s’y sont opposés et 28 se sont abstenus.

La seconde proposition, concernant le bénomyl, le carbendazime et le thiophanate-méthyl, a connu un résultat similaire : 516 voix en faveur de la proposition, 129 voix contre et 27 abstentions.

Les eurodéputés se sont exprimés au nom des citoyens européens « qui exigent que leur santé soit protégée » et des agriculteurs « qui subissent une concurrence déloyale en autorisant l’importation de produits qui ne répondent pas à nos normes sanitaires et environnementales », a indiqué le rapporteur principal de la résolution, le Socialiste français Christophe Clergeau, dans un communiqué de presse.

Le rapport publié aujourd’hui établit un lien explicite entre le principe de « réciprocité » des normes de production au sein de l’UE et des pays tiers et les demandes des agriculteurs en faveur d’un « traitement juste et équitable » des produits importés à la lumière des manifestations de début 2024.

Pour Salomé Roynel, chargée de mission à Pesticide Action Network Europe, le vote du Parlement européen est « une victoire ».

Suite à ce vote, la Commission doit retirer ses propositions, ce qui signifie que les niveaux de résidus actuels resteront inchangés. Les eurodéputés demandent qu’un nouveau projet de règlement fixe toutes les limites maximales de résidus (LMR) au « zéro technique » (0,01 mg/kg), éliminant ainsi toute possibilité de tolérance dans les aliments importés.

Théorie contre pratique

Ce n’est pas la première fois que le Parlement européen s’oppose à une proposition de la Commission visant à modifier les limites de certains produits chimiques.

En janvier, il a rejeté le projet de règlement de la Commission visant à augmenter les limites maximales de résidus (LMR) pour l’insecticide thiaclopride sur plus de 30 produits provenant de pays tiers.

Cette fois, « la Commission proposait d’abaisser 97 % d’entre elles [LMR] », explique un porte-parole de la Commission à Euractiv, décrivant l’initiative comme « sûre » pour les consommateurs et « bénéfique » pour les agriculteurs de l’UE.

En effet, elle empêcherait les producteurs non européens « d’utiliser ces pesticides dans les produits alimentaires qu’ils exportent vers l’UE afin de respecter les nouveaux niveaux ».

Cependant, cela n’a pas suffi aux eurodéputés, car « la Commission a proposé de maintenir certains des seuils de tolérance », selon le rapport adopté par la plénière, alors que les eurodéputés réclamaient un abaissement à zéro.

Ces derniers ont donc voulu renforcer leur message politique en faveur d’une tolérance zéro pour les pesticides dans les produits importés, même si en rejetant les propositions, les niveaux resteront élevés.