Les eurodéputés soutiennent une libéralisation commerciale avec l’Ukraine pendant un an
Le Parlement européen a approuvé une suspension d’un an de tous les droits de douane et quotas sur les exportations ukrainiennes, y compris les produits agricoles, les produits agricoles transformés, les fruits et légumes.
Le Parlement européen a approuvé une suspension d’un an de tous les droits de douane et quotas sur les exportations ukrainiennes, y compris les produits agricoles, les produits agricoles transformés, les fruits et légumes.
Les eurodéputés ont voté, jeudi (19 mai), en faveur de la libéralisation temporaire des échanges avec l’Ukraine proposée par la Commission européenne au lendemain de l’invasion russe dans le pays.
L’approbation rapide du Parlement européen est intervenue moins d’un mois après la proposition inédite de l’exécutif européen de suspendre les droits d’importation afin de stimuler l’économie ukrainienne et de contribuer à l’intégration progressive du pays dans le marché intérieur de l’UE.
Sur son compte Twitter, le commissaire européen au commerce, Valdis Dombrovskis, a remercié les législateurs européens « d’avoir accéléré cette importante mesure de soutien à l’Ukraine ».
« Nous devons soutenir l’Ukraine à tous les niveaux avec tous les outils à notre disposition : pas seulement avec des armes et des sanctions, mais aussi avec notre puissance commerciale », a affirmé la rapporteure permanente du Parlement pour l’Ukraine, la chrétienne-démocrate lettone Sandra Kalniete.
Elle a ajouté que l’Europe doit montrer un soutien « absolu, indéfectible » à son partenaire commercial en difficulté.
L’UE est le premier partenaire commercial de l’Ukraine, puisqu’elle représente 40 % de ses échanges commerciaux, et Kiev est le 15e partenaire commercial de l’UE, représentant environ 1,2 % du commerce global du bloc.
En 2021, l’Ukraine a exporté des marchandises pour un montant total de 24,1 milliards d’euros vers le bloc, principalement des matières premières comme le fer et l’acier, mais aussi des produits agricoles.
Depuis 2017, la « zone de libre-échange complète et approfondie » entre l’UE et l’Ukraine est en vigueur, garantissant aux entreprises ukrainiennes un accès préférentiel au marché unique européen et permettant d’accroître les échanges entre les deux partenaires.
Selon les calculs de l’association ukrainienne des entreprises et du commerce, la suppression de tous les quotas et droits de douane par l’UE pourrait — en temps normal — entraîner une augmentation des exportations ukrainiennes vers l’UE de plus d’un demi-milliard d’euros.
Ces mesures permettront également de supprimer les droits d’importation sur les produits industriels, tels que les droits antidumping et les mesures de sauvegarde sur les importations d’acier, pour une période d’un an.
La libéralisation temporaire sera appliquée le jour suivant sa publication au journal officiel de l’UE.
Les produits agricoles au cœur de la libéralisation
En 2021, les produits agricoles représentaient environ un tiers des importations de l’UE en provenance d’Ukraine. En termes de produits, selon les chiffres de la Commission européenne, 54 % des importations agroalimentaires en provenance d’Ukraine en 2021 étaient constituées d’huile de tournesol (30 %) et de maïs (24 %).
Or, la guerre de la Russie avait conduit l’Ukraine à stopper les exportations de denrées alimentaires essentielles comme le blé et l’huile de tournesol afin de préserver l’approvisionnement national, mais aussi en raison du blocus des ports ukrainiens consécutif à l’invasion.
Selon l’eurodéputé socialiste Paolo De Castro, les agriculteurs, les producteurs et le peuple ukrainien doivent être soutenus pour préserver leur potentiel économique et leur productivité.
« C’est avec cet objectif en tête que nous avons approuvé aujourd’hui une suspension d’un an des droits d’importation de l’UE sur toutes les exportations ukrainiennes », a-t-il confié à EURACTIV, ajoutant qu’il s’agit d’une première étape fondamentale en vue du « plan Marshall » que l’UE veut mettre en place pour le redressement futur des partenaires ukrainiens.
Malgré le plan récemment présenté visant à améliorer la connectivité UE-Ukraine pour l’exportation de céréales principalement par le biais des chemins de fer, des doutes subsistent quant à la mise en œuvre effective de mesures immédiates et à moyen terme pour aider l’Ukraine dans ses exportations de marchandises.
Selon une législatrice ukrainienne, les « couloirs de solidarité » de la Commission ne permettront pas d’augmenter de manière significative les exportations si les ports du sud de l’Ukraine ne sont pas débloqués ou si les marchandises ne sont pas réacheminées via les ports de la Baltique.