Les eurodéputés veulent la fin de la spéculation sur la dette des États
Alors que la Grèce et le Portugal ne sont toujours pas sortis d’affaire, le Parlement européen veut réglementer l’achat des CDS (Credits Default Swaps). Les États sont contre.
Alors que la Grèce et le Portugal ne sont toujours pas sortis d’affaire, le Parlement européen veut réglementer l’achat des CDS (Credits Default Swaps). Les États sont contre.
Les eurodéputés sont allés jusqu’au bout. Mardi 6 juillet, le Parlement européen a campé sur ses positions en votant en première lecture un texte sur la régulation des marchés, qui va à l’encontre des positions défendues par les Vingt-Sept.
Volatilité des marchés
Les eurodéputés se sont prononcés pour l’interdiction des CDS (Credit Default Swaps) à nus sur dette souveraine, c’est-à-dire la possibilité de détenir ces instruments d’assurance sans détenir en même temps l’obligation correspondante ou tout du moins une créance ou un titre hautement corrélé à celle-ci.
Les parlementaires estiment que la mesure permettra d’éliminer les échanges les plus spéculatifs, qui accroissent la volatilité des marchés et ont placé la Grèce, l’Irlande et le Portugal dans des positions intenables.
Spéculer sur la faillite
« L’Europe ne peut laisser plus longtemps les spéculateurs s’enrichir sur le dos de ses citoyens appelés à renflouer les caisses des États acculés à la faillite », a déclaré dans un communiqué Pascal Canfin, rapporteur du texte sur les ventes à découvert au Parlement européen.
« Avec le texte voté aujourd’hui en plénière, il ne serait plus possible pour un hedge fund d’acheter des CDS grecs sans détenir d’obligations de l’État grec et donc ainsi spéculer sur la faillite du pays », a-t-il ajouté.
Agence européenne
Une très large majorité d’États membres, notamment les pays chahutés sur les marchés, s’opposent à l’interdiction en faisant valoir qu’elle serait aujourd’hui contre-productive et ne ferait qu’attiser les craintes des investisseurs.
Par ailleurs, les Britanniques et plusieurs autres pays souhaitent aussi que les superviseurs nationaux restent en première ligne alors que le Parlement insiste pour que la nouvelle Autorité européenne des marchés financiers (AEMF) ait un rôle central dans le contrôle accru des ventes à découvert, qui devront faire l’objet d’un « reporting » plus fréquent et se verront fixer un cadre temporel plus strict.
Longues négociations
Les négociations sur le texte reprendront à Bruxelles après l’été avec pour objectif de parvenir à un accord au début de l’automne. Il restera le plat de résistance de cette réforme de la régulation, la directive « MiFID » sur les instruments financiers.