Les eurodéputés Volt préfèrent les Verts à Renew, trop tolérant à l’égard de l’extrême droite

Les cinq eurodéputés fraîchement élus du mouvement fédéraliste paneuropéen Volt souhaitent rester dans le groupe des Verts/ALE, craignant que le groupe libéral Renew Europe, qu’il envisageait de rejoindre, ne soit trop laxiste vis-à-vis de l’extrême droite.

Euractiv.com
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Parti fédéraliste pro-européen créé en 2017 en réaction au Brexit et à la montée du populisme, Volt est organisé comme une organisation parapluie pour les partis nationaux ayant le même nom et la même image de marque dans tous les États membres de l’UE. [Shutterstock/LCV]

Les cinq eurodéputés fraîchement élus du mouvement fédéraliste paneuropéen Volt souhaitent rester dans le groupe des Verts/ALE, craignant que le groupe libéral Renew Europe, qu’il envisageait de rejoindre, ne soit trop laxiste vis-à-vis des relations avec l’extrême droite.

Les membres du parti ont jusqu’à dimanche soir (23 juin) pour voter sur la décision finale concernant le groupe que rejoindront les eurodéputés Volt.

Le parti, le nouveau venu sur la scène politique européenne, a enregistré d’importantes victoires lors du scrutin européen de début juin, avec deux sièges aux Pays-Bas et trois sièges en Allemagne. En 2019, Volt n’avait fait élire qu’un seul eurodéputé, en Allemagne.

Le soir même, l’eurodéputée néerlandaise Anna Strolenberg, l’une des têtes de liste de Volt Pays-Bas, avait annoncé à Euractiv que son parti étudiait la possibilité de rejoindre soit le groupe des Verts, soit le groupe libéral Renew Europe, l’un des facteurs décisifs étant « dans quel groupe nous obtiendrons les meilleures commissions [du Parlement européen] ».

L’eurodéputé allemand Damian Boeselager a toutefois confirmé à Euractiv que la décision des cinq eurodéputés élus était de recommander aux membres de rejoindre le groupe des Verts. La décision finale sera prise par tous les membres du parti, qui ont jusqu’à dimanche soir pour voter.

« Un facteur important est le fait qu’ANO [un parti populiste tchèque] et le VVD [Parti populaire pour la liberté et la démocratie, qui soutient un gouvernement populiste de droite aux Pays-Bas] ne subissent presque aucune répercussion au sein du groupe Renew », a expliqué Damian Boeselager.

Le rapprochement d’ANO avec les valeurs populistes et d’extrême droite est une épine dans le pied de Renew depuis longtemps, mais aucune mesure officielle n’a été prise jusqu’à présent.

Le problème du VVD est plus récent, puisqu’il est entré dans une coalition gouvernementale avec le Parti pour la liberté (PPV), un parti néerlandais d’extrême droite, le mois dernier.

Suite à l’accord de coalition, la présidente de Renew, la Française Valérie Hayer (Renaissance), a appelé à l’exclusion du VVD, mais la plus grande faction du groupe, l’Alliance des libéraux et démocrates pour l’Europe (ALDE), qui abrite le VVD, s’y est opposée. Pour l’instant, il semble que la délégation néerlandaise ne sera pas exclue.

La décision de Volt, bien qu’elle ne soit pas encore définitive, porte un coup dur à Renew, qui, après avoir subi de lourdes pertes lors des élections européennes, espère attirer de nouveaux membres et empêcher le groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE) de lui ravir sa troisième place au sein de l’hémicycle européen.

Parti fédéraliste pro-européen créé en 2017 en réaction au Brexit et à la montée du populisme, Volt est organisé comme un regroupement de partis nationaux ayant le même nom et la même image de marque dans tous les États membres de l’UE.

Le parti, décrit comme un « mouvement », s’est présenté aux élections européennes dans 15 États membres de l’UE avec un programme et une campagne unifiés. Il dispose également de sièges dans les parlements nationaux de Bulgarie, de Chypre et des Pays-Bas.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]