Les Européens de l'Est sont préoccupés par le climat
La majorité des habitants du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) penchent pour des objectifs contraignants en matière de renouvelables et d'efficacité énergétique.
La majorité des habitants du groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque et Slovaquie) penchent pour des objectifs contraignants en matière de renouvelables et d’efficacité énergétique.
Les questions environnementales inquiètent les Européens de l’Est. L’institut IPSOS a réalisé un sondage d’opinion pour Greenpeace International auprès de 2 500 Hongrois, Polonais, Tchèques et Slovaques. Il en ressort qu’environ 85 % des personnes interrogées penchent pour des objectifs environnementaux contraignants, en matière d’efficacité énergétique comme d’énergies renouvelables.
Plus des trois quarts des personnes interrogées jugent problématique la dépendance vis-à-vis des importations d’énergie de Russie. La même proportion affirme que les énergies renouvelables et les économies d’énergie sont un moyen de remédier à la situation.
Plusieurs types d’économies d’énergie sont envisageables pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments : l’isolation des bâtiments, le double vitrage, les rénovations plus poussées des bâtiments publics, les économies dans la production d’énergie, un meilleur étiquetage énergétique et une écoconception plus rationalisée des produits.
« Les dirigeants tchèques, slovaques, polonais et hongrois ne sont pas sur la même longueur d’onde que leurs citoyens », affirme Joris den Blanken, le directeur de l’unité Climat et énergie à Greenpeace Europe. « Les gens comprennent que l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables permettront de réduire massivement la dépendance vis-à-vis des importations énergétiques et que des objectifs contraignants européens sont nécessaires pour ces technologies. »
« C’est pourtant simple, mais la pression exercée par les entreprises énergétiques fait en sorte que les énergies fossiles et le nucléaire dominent toujours le calendrier politique », a-t-il ajouté.
BusinessEurope, l’organisation qui représente le patronat européen, n’a pas souhaité commenter ces résultats.
Le 24 juin prochain, José Manuel Barroso devrait se rendre à Budapest pour rencontrer le groupe de Visegrad.
Les conclusions du sondage ont été publiées le jour où le président de la Commission a organisé une réunion avec les commissaires afin de trouver un accord sur un objectif en matière d’efficacité énergétique à l’horizon 2030. Selon toute vraisemblance, la Commission devrait proposer un objectif visant à réaliser entre 30 et 35 % d’économie d’énergie.
Révision sur les avancées en matière d’efficacité énergétique
Comme l’a rapporté EURACTIV récemment, les évaluations d’impact pour aider les hauts fonctionnaires dans le processus décisionnel suggèrent que des objectifs plus ambitieux en matière d’efficacité énergétique stimuleraient la croissance, l’emploi et renforceraient la sécurité énergétique.
Grâce à un objectif d’économie d’énergie fixé à 35 %, la consommation de gaz en Europe diminuerait de 35,3 %, les importations en gaz chuteraient d’un tiers et le taux d’emploi augmenterait de 2,3 %. Cette ambition permettrait également d’économiser 397 milliards d’euros en importation d’énergie fossile.
À titre de comparaison, un objectif de 30 % entraînerait une baisse de 24,7 % de la consommation en gaz, les importations de gaz diminueraient de 22 % et le taux d’emploi grimperait de 2,23 %. Enfin, il permettrait d’économiser 315 milliards d’euros en importation d’énergie fossile.
Les décideurs politiques pourraient être attentifs à ne pas être en conflit avec le système d’échange de quotas d’émission (ETS) qui régule les émissions d’environ 40 % des polluants de l’UE.
Le prix de la tonne de carbone s’élève actuellement à environ 5 euros. Ce montant est trop faible pour influencer les décisions des investisseurs.
Sans changement structurel, toute réduction des émissions de carbone, provoquée par l’expansion des énergies renouvelables ou des mesures en matière d’efficacité énergétique, pourrait réduire davantage les prix.
La lutte entre détracteurs et défenseurs d’objectifs européens ambitieux pour le paquet énergie-climat atteint son paroxysme. Dans le même temps, les PDG de plusieurs entreprises, dont Philips, Knauf Insulation, Schneider Electric et Danfoss, ont lancé un appel au président de la Commission et à d’autres dirigeants politiques en faveur d’une économie d’énergie à hauteur de 40 %.
« Des objectifs contraignants en matière d’efficacité énergétique en 2030 […] sont nécessaires pour inciter les dirigeants politiques nationaux à mener les réformes nécessaires et montrent visiblement aux investisseurs privés que le marché et la chaîne d’approvisionnement sont prêts intensifier les efforts », ont déclaré les PDG.
Sommet de juin
La proposition sur le paquet énergie-climat 2030 sera finalisée lors du sommet européen d’octobre. Toutefois, le Conseil européen débattra dès ce mois-ci de la question.
Les propositions de conclusions, consultées par EURACTIV, indiquent que « tous les efforts seront mobilisés » afin de garantir que la date butoir d’octobre soit respectée, même si la Pologne tente de reporter le débat à l’année prochaine.
Les mesures d’urgence et les mécanismes de solidarité visant à éviter une interruption d’approvisionnement en énergie seront « renforcés » dans les États membres les plus vulnérables, selon le document.
Ces mesures comprennent les infrastructures de stockage de gaz et d’urgence, le mécanisme des flux inversés en vue de faciliter le transport de carburant dans les zones les plus susceptibles de subir des coupures.
« La Communauté de l’énergie, qui vise à étendre les acquis communautaires en matière d’énergie aux pays de son voisinage, devrait être renforcée afin de garantir la mise en application de ces acquis parmi ces pays » afin d’aider les pays comme l’Ukraine, où la Russie a coupé l’approvisionnement en gaz cette semaine.
L’Allemagne, l’un des pays qui soutient le plus les objectifs en matière d’efficacité énergétique à l’horizon 2030, aurait déclaré le 17 juin qu’elle était sur le point d’autoriser la fracturation à grande échelle pour le gaz de schiste. Un coup dur pour ceux qui ne considèrent pas le gaz de schiste comme une solution en vue de renforcer la sécurité énergétique.