Les Européens moins pessimistes sur leur avenir
La majorité des Européens estiment que la crise n'est pas encore terminée et que « le pire est à venir ». Mais le sentiment négatif est en recul pour la première fois depuis 2009.
La majorité des Européens estiment que la crise n’est pas encore terminée et que « le pire est à venir ». Mais le sentiment négatif est en recul pour la première fois depuis 2009.
La Commission européenne a publié un sondage Eurobaromètre le lundi 12 mai. Si les Européens sont déprimés par rapport à leur avenir, il s’agit du sondage le plus optimiste depuis l’Eurobaromètre en mai-juin 2009.
Quelque 44 % des Européens estiment que « l’incidence de la crise sur l’emploi a déjà atteint son point culminant » alors que 47 % estiment que « le pire est à encore venir ». Du côté des pays de l’Est de l’Europe, l’optimisme est plus marqué. Les Roumains (76 %), les Maltais (71 %), les Polonais (70 %), et les Croates (67 %) sont les plus confiants en l’avenir.
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Étant donné le peu de confiance, les prochaines élections européennes des 22 et 25 mai devraient aboutir à un nombre record d’eurodéputés eurosceptiques dans le prochain hémicycle. Le Front national (FN), le Parti de l’indépendance du Royaume-Uni (UKIP) ou le Mouvement cinq étoiles italien (M5S) pourraient totaliser plus de 20 sièges chacun lors du scrutin de la semaine prochaine.
Dans les pays comme la Grèce et la Hongrie, les partis ouvertement néonazis, tels que l’Aube dorée ou Jobbik, devraient également obtenir plusieurs sièges.
Le succès des partis eurosceptiques correspond environ au niveau d’optimisme dans les États membres. La France, la Grèce, la Hongrie, l’Italie et le Royaume-Uni font partie du top 10 des pays enregistrant les taux les plus bas de confiance en l’avenir de l’UE.
Le chômage et la situation économique sont les deux sujets les plus cités auxquels l’Europe devrait avant tout s’attaquer. Les finances publiques sont également mentionnées comme l’un des deux principaux défis de l’UE. Au moins 10 % de la population de chaque État membre a d’ailleurs cité ce thème.
Les autres problèmes concernent les sentiments nationaux spécifiques, souvent présents dans les campagnes électorales. À Malte et en Bulgarie, respectivement 35 et 30 % des citoyens considèrent que l’immigration est une priorité. Au Royaume-Uni, 20 % des personnes interrogées placent ce thème dans leur top 2.
Les Suédois sont les plus préoccupés par le climat et l’environnement : 22 % d’entre eux placent le changement climatique dans leurs deux priorités et 17 % l’environnement, une différence notable par rapport aux autres pays.
L’adhésion à l’UE, un sujet tabou
Les Européens ont également été interrogés quant à la capacité de leur pays à être mieux préparé pour l’avenir en dehors de l’UE.
Les Chypriotes et les Britanniques sont les premiers à convenir qu’une sortie de l’UE serait bénéfique pour leur pays. À Chypre, 51 % des citoyens « sont totalement d’accord » ou « plutôt d’accord ».Quelque 47 % des Britanniques partagent cet avis.
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Chypre a subi une crise sévère au début de l’année dernière quand le pays a demandé de l’aide à la « troïka » : la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI). Les exigences établies par la troïka ont suscité un tollé auprès de la société chypriote.
Au Royaume-Uni, la question du maintien ou de la sortie de l’UE est sur la table depuis des années. Le premier ministre conservateur, David Cameron, a promis à plusieurs reprises qu’il organiserait un référendum après une renégociation sur l’avenir de la coopération européenne.
Ce thème est un sujet brûlant dans le cadre de la campagne électorale alors que l’UKIP est accrédité de 31,9 % dans les sondages. Le Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni fait sa campagne autour de la sortie de l’UE, le « Brexit » en anglais. Les résultats seraient serrés si un référendum était organisé aujourd’hui, révèle un récent sondage.
Le mois dernier, Jean-Claude Juncker, le candidat de centre-droit à la présidence de la Commission européenne, a promis qu’il renégocierait les relations de la Grande-Bretagne avec l’UE s’il arrive à la tête de l’exécutif européen. « Aucun responsable politique raisonnable ne peut nier que nous devons trouver des solutions aux préoccupations politiques au Royaume-Uni », a déclaré Jean-Claude Juncker en ajoutant : « Nous devons le faire pour garder le Royaume-Uni au sein de l’UE. »