Les Français manifestent contre l’austérité et le pacte budgétaire
Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Paris hier (30 septembre) pour protester contre le pacte budgétaire européen. Il s’agit de la première grande manifestation contre la politique du président, François Hollande, depuis son élection en mai dernier.
Des milliers de manifestants ont défilé dans les rues de Paris hier (30 septembre) pour protester contre le pacte budgétaire européen. Il s’agit de la première grande manifestation contre la politique du président, François Hollande, depuis son élection en mai dernier.
La marche organisée par le Front de Gauche a rassemblé des syndicalistes, des sympathisants de l'extrême gauche et d'autres opposants à l'accord européen, deux jours avant que les législateurs ne commencent à débattre d'un projet de loi sur le pacte budgétaire à l'Assemblée nationale.
Cette manifestation reflète le sentiment d'hostilité grandissant de la population envers les réductions des dépenses publiques, sur fond de hausse du chômage et de pressions croissantes exercées par Bruxelles en faveur de l’austérité budgétaire. Des manifestations semblables ont récemment eu lieu en Espagne, en Grèce, en Italie et au Portugal.
En France, le pacte de discipline budgétaire, soutenu par M. Hollande, devrait être approuvé par les deux chambres du parlement, grâce au soutien des législateurs du PS, appuyés par des partisans de la discipline budgétaire de l'opposition de centre-droit.
Ce vote a mis en exergue des désaccords au sein de la coalition au pouvoir. Des partisans de l'extrême gauche et des membres d’Europe-Ecologie Les Verts ont en effet prévu de voter contre ce pacte pour défier l'autorité du dirigeant socialiste, de plus en plus impopulaire.
Si M. Hollande doit compter sur l'opposition pour adopter le pacte, le vote pourrait approfondir les divisions au sein de son alliance et encourager les partisans de la gauche qui cherchent à s'éloigner du respect strict des objectifs européens de déficit.
« Pour lui [M. Hollande], le traité, c'était une formalité, c'était réglé », a déclaré Jean-Luc Mélenchon, un homme de gauche passionné qui a terminé 4e lors du premier tour de l'élection présidentielle d’avril dernier.
« Et maintenant, il va prendre conscience du fait que non, qu'en France comme dans le reste de l'Europe, il y a une opposition structurée à ce traité et aux politiques d'austérité », a-t-il ajouté.
Écharpe rouge autour du cou, M. Mélenchon était en tête de la manifestation, entouré de banderoles géantes portant des slogans tels que « François Hollande, on ne veut pas de ton traité » et « Combattons la finance en Grèce et en France ».
De nombreuses personnes qui avaient voté en faveur de M. Hollande manifestent aujourd'hui, ce qui montre à quel point il est difficile de plaire à un public en grande partie de gauche. François Hollande évite pourtant d’opérer des réductions douloureuses dans les programmes de protection sociale.
Le budget de 2013, dévoilé vendredi (28 septembre), réduit le déficit public de 30 milliards d'euros, en grande partie grâce à une augmentation de l'impôt sur les grandes entreprises et fortunes. Il ne prévoit toutefois pas de prendre le genre de mesures d'austérité douloureuses imposées ailleurs en Europe.
Les efforts consentis pour conserver le généreux filet de sécurité publique n'ont pas vraiment contribué à maintenir la cote de popularité de M. Hollande. Elle s'est effondrée depuis son élection, atteignant 43 % dans un sondage de la semaine dernière.
« Le traité va considérablement aggraver la situation au sein de l'Union européenne et en France », a déclaré l'un des manifestants, Pierre Khalfa. «Nous pouvons déjà constater que les politiques d'austérité en Europe entrainent la récession. Nous devons engager aujourd'hui un long processus contre ces politiques qui conduisent notre pays dans le mur », a-t-il ajouté.