Les gains de productivité européens dépassent ceux des États-Unis
Pour la première fois depuis 2001, l’UE distance les États-Unis en termes de gains de productivité, selon un récent rapport sur la compétitivité de la Commission européenne. Au sein de l’UE, la productivité française occupe une bonne place.
Pour la première fois depuis 2001, l’UE distance les États-Unis en termes de gains de productivité, selon un récent rapport sur la compétitivité de la Commission européenne. Au sein de l’UE, la productivité française occupe une bonne place.
En bref :
D’après le rapport annuel de la Commission sur la compétitivité, publié le 5 novembre, l’UE a enregistré sa meilleure performance économique depuis 2000, avec un taux de croissance de 3 % et une forte hausse de la productivité de la main-d’œuvre de 1,5 % en 2006.
Les gains de productivité ont été plus forts dans l’Union qu’aux États-Unis (1,4%) et la Commission espère y voir « l’amorce d’une tendance à long terme ».
La France se situe en dessous de cette moyenne européenne avec, en 2006, une croissance aux alentours de 2%.
Productivité en hausse
Le rapport met particulièrement l’accent sur la productivité, considérée comme le « moteur essentiel de la compétitivité et du bien-être à long terme ». Cependant, dans la réalité, l’UE est toujours derrière les États-Unis, où la productivité par employé est environ 39 % supérieure. Ainsi, l’UE commence à peine à rattraper son retard de productivité par rapport aux États-Unis.
En termes de productivité, la France se positionne parmi les leaders européens entre 2003 et 2006, selon une étude du cabinet de conseil Proudfoot Consulting France. Le pays aurait cependant reculé dans ce domaine en 2005 et 2006, l’improductivité au travail grimpant à 37,5% contre 31,4% dans les grands pays européens.
Le commissaire à la Politique des entreprises et de l’industrie, Günter Verheugen, a déclaré : « Ce sont des résultats très encourageants, qui nous montrent que les réformes au titre de la stratégie de Lisbonne révisée pour la croissance et l’emploi commencent à porter leurs fruits ».
Des faiblesses encore trop importantes
Néanmoins, le vice-président de la Commission a également critiqué l’insuffisance des dépenses dans la recherche et le développement. « Il faut manifestement les renforcer », a déclaré M. Verheugen. Concernant la R&D, certains États membres, comme Chypre, la Slovaquie, le Luxembourg et la Pologne, ont encore beaucoup d’efforts à accomplir pour atteindre les objectifs de Lisbonne, fixés à 3 % du PIB.
Globalement, d’après le rapport, les industries européennes (les services et le secteur manufacturier) défendent mieux leurs positions sur le marché mondial que leurs homologues américaines ou japonaises. Parallèlement, leurs performances sur le plan intérieur sont moins positives, avec un taux de croissance plutôt faible pour la valeur ajoutée, la productivité de la main-d’œuvre et de l’ensemble des facteurs au cours de la période depuis 1995.
La concurrence par le commerce et l’ouverture est considérée comme un important moteur d’efficacité économique. La suppression des obstacles économiques subsistants pourrait permettre une augmentation de 2,2 % du PIB de l’UE et créer 2,75 millions d’emplois supplémentaires, selon les estimations de la Commission.