Les libéraux bulgares sollicitent le soutien de Donald Trump pour surtaxer le transit du gaz russe

Le parti libéral bulgare Nous continuons le changement — Bulgarie démocratique recherche le soutien de Washington pour adopter une proposition visant à imposer des frais supplémentaires sur le transit du gaz russe vers l’Europe centrale, qui a été rejetée par le parlement bulgare.

EURACTIV Bulgarie
Bulgaria gears up for parliamentary election
Affiche montrant Kiril Petkov (à droite) et Asen Wassilv (à gauche), dirigeants du parti de coalition « Nous continuons le changement ». [EPA-EFE/VASSIL DONEV]

SOFIA — Le parti libéral bulgare Nous continuons le changement — Bulgarie démocratique recherche le soutien de Washington pour adopter une proposition visant à imposer des frais supplémentaires sur le transit du gaz russe vers l’Europe centrale, qui a été rejetée par le parlement bulgare.

Le codirigeant du parti, l’ancien Premier ministre Kiril Petkov, présent à l’investiture de Donald Trump la semaine dernière, a rencontré par la même occasion, les principaux responsables américains de l’énergie afin de communiquer sur sa proposition.

Interrogé par Euractiv pour savoir si l’initiative avait été discutée avec l’équipe de Donald Trump, Kiril Petkov a répondu : « Je ne manque jamais une occasion de promouvoir cette initiative ».

Il a ajouté qu’un haut fonctionnaire de la nouvelle administration l’a informé que le plan pourrait servir de modèle pour la coopération entre les États-Unis et l’Union européenne (UE) tout en faisant avancer les intérêts des deux parties.

L’ancien Premier ministre bulgare a expliqué à Euractiv qu’au moment où l’administration Trump prend ses fonctions, un jeu énergétique audacieux en Europe de l’Est pourrait donner un nouveau sens à sa promesse de campagne « Drill Baby Drill » (« Percer, bébé, percer »).

Une surtaxe sur le gazoduc russe rendrait le gaz naturel liquéfié (GNL) américain moins cher pour les clients d’Europe centrale, où le marché traditionnellement dominé par la Russie vaut 7,1 milliards de dollars par an, a-t-il ajouté.

« Il s’agit d’une situation gagnant-gagnant-gagnant pour les États-Unis, l’Europe et la Bulgarie », a-t-il abondé.

Une demande de commentaire adressée à la Commission européenne mercredi n’a pas donné suite au moment de la publication de cet article.

La Bulgarie n’importe plus de gaz de Gazprom, mais reste la seule voie de transit pour le gaz russe vers l’Europe centrale via le gazoduc TurkStream/BalkanStream.

La ministre bulgare des Finances, Temenuzhka Petkova, a prévenu que, pour obliger Gazprom à payer une nouvelle redevance de transit, il faudrait renégocier les accords existants — ce qu’elle a qualifié de difficile, voire d’impossible.

Mais Kiril Petkov insiste sur le fait que les chiffres plaident en faveur de ce changement : la capacité combinée des terminaux GNL de la Turquie et de la Grèce, qui s’élève à 29 milliards de mètres cubes, pourrait remplacer intégralement les 15,75 milliards de mètres cubes de gaz russe qui transitent actuellement par TurkStream vers la Serbie, la Slovaquie et la Hongrie.

Aux prix actuels du TTF de 45 euros par mégawatt/heure, cela représente un revenu annuel potentiel de 7,1 milliards de dollars pour les exportateurs américains de GNL.

Le responsable politique bulgare affirme que le droit de transit générerait des revenus substantiels pour la Bulgarie pendant la période de transition — de l’argent destiné aux écoles, aux hôpitaux et aux prestations sociales pour les jeunes familles — tout en contribuant plus largement aux intérêts stratégiques occidentaux.