Les marchés fluctuent, la BCE salue l'accord européen sur l'euro
Les bourses européennes et l'euro fluctuent, alors que les investisseurs tentent de comprendre l'accord conclu par les dirigeants européen ce matin (9 décembre). Les chefs d'Etat ont tenté de mettre au point des mesures visant à contrer la dégringolade des marchés obligataires de la zone euro après deux ans d'une crise qui n’a fait qu'empirer.
Les bourses européennes et l'euro fluctuent, alors que les investisseurs tentent de comprendre l'accord conclu par les dirigeants européen ce matin (9 décembre). Les chefs d'Etat ont tenté de mettre au point des mesures visant à contrer la dégringolade des marchés obligataires de la zone euro après deux ans d'une crise qui n’a fait qu'empirer.
L'euro a d'abord baissé, alors que les marchés digéraient l'accord sur des réformes budgétaires de la zone euro, avant de remonter suite aux rumeurs selon lesquelles la Banque centrale européenne achèterait des obligations italiennes.
L'indice Stoxx Europe 600 a gagné 0,2 % pour atteindre 238,12. Le FTSE 100 de Londres est passé à 5486,44, le DAX de Francfort a gagné 0,2 % pour atteindre 5885,35 et le CAC-40 à Paris est remonté de 0,7% à 3116,13.
Le taux des obligations italiennes à 10 ans a grimpé de 20 points de base à 6,58 %, ayant atteint 6,65 % plus tôt, tandis que le rendement à deux ans a gagné 3 points de base à 6,06 %. Les obligations espagnoles à 10 ans se sont tendues de 11 points de base, à 5,84 %, et les obligations françaises de même maturité ont progressé de 5 points de base à 3,28 %.
Le président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, a salué la décision de ce matin, la qualifiant de pas en avant vers des règles budgétaires plus strictes qui, selon lui, sont nécessaires pour que la zone euro ressorte plus forte de cette crise qui dure depuis deux ans.
« Ce sera la base d'un bon pacte budgétaire et d'une discipline accrue en matière de politique économique dans la zone euro », a affirmé M. Draghi. « Nous sommes arrivés à certaines conclusions qui devront être étoffées dans les jours à venir. »
Angela Merkel salue l'accord
La chancelière allemande, Angela Merkel, s'est dite très satisfaite des décisions prises. Le monde verra que l'Europe a tiré des leçons de ses erreurs et a évité un « mauvais compromis », a-t-elle déclaré.
Mme Merkel, la dirigeante la plus puissante d'Europe, a affirmé qu'elle n'avait pas abandonné l'espoir que la Grande-Bretagne accepterait de modifier le traité de l'UE pour y introduire des règles de discipline budgétaire plus strictes.
Un soutien actif de la BCE sera vital dans les jours à venir.
La ministre irlandaise aux affaires européennes, Lucinda Creighton, a affirmé que Dublin, ainsi que de nombreux autres Etats membres, souhaitait que la Banque centrale européenne adopte une approche plus proactive envers la crise de la dette dans les semaines à venir. Les traders ont affirmé que la BCE avait acheté des obligations italiennes vendredi pour calmer les marchés.
L'euro, les actions et les matières premières ont chuté en Asie en raison des doutes croissants sur la capacité de l'Europe à mettre sur pied un pare-feu financier pour stopper la contagion sur les marchés obligataires, mais il est remonté en Europe et les actions européennes ont repris du poil de la bête.
« Les marchés doivent savoir où nous allons, comment nous y allons, et ils doivent savoir combien de temps cela prendra. Je pense que nous allons vers une Europe plus unifiée et sérieuse en termes de budget », a déclaré François Pérol, le président de la BPCE, la seconde banque de France.
La BCE a abaissé les taux d'intérêt hier (8 décembre) et a offert aux banques des liquidités illimitées pour trois ans, tout en étouffant les rumeurs selon lesquelles elle achèterait davantage d'obligations souveraines pour enrayer la crise.
« La discipline budgétaire ne peut pas être atteinte en un jour et, dans le même temps, la contraction du crédit va s'intensifier, dont le plus urgent pour les décideurs politiques est de prendre des mesures décisives pour empêcher les rendements obligataires de grimper et pour apaiser les pressions sur le financement », a expliqué Takeo Okuhara, gestionnaire de fonds à la Daiwa SB Investments à Tokyo.
« Les gros titres ont intensifié la pression sur la Banque centrale européenne pour qu'elle augmente ses achats d'obligations et pour l'introduction d'obligations communes de la zone euro, dans la mesure où il s'agit de la seule manière d'empêcher la crise de la dette de tomber dans une spirale négative », a déclaré M. Okuhara à Reuters.