Les ministres du G7 s’accordent sur la sortie du charbon, le stockage de l’énergie et une « coalition pour l’eau »

Les ministres du G7 ont convenu mardi à Turin de sortir du charbon dans la première moitié des années 2030, ont établi leur premier objectif en matière de stockage énergétique, discuté du financement de la lutte contre le changement climatique et ont lancé une coalition pour l’eau.

EURACTIV.com
G7 Ministers conclude their talks on environment and climate change in Turin
Le ministre canadien de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault (gauche) et le ministre italien de l’Environnement et de la Sécurité énergétique, Gilberto Pichetto Fratin, assistent à une conférence de presse à la fin de la réunion des ministres du G7 sur le climat, l’énergie et l’environnement à Turin, Italie, le 30 avril 2024. [EPA-EFE/ALESSANDRO DI MARCO]

Lors de leur récente réunion à Turin, en Italie, mardi (30 avril), les ministres du G7 ont convenu de sortir du charbon dans la première moitié des années 2030 et ont établi leur premier objectif en matière de stockage énergétique. Ils ont également entamé de complexes négociations sur le financement de la lutte contre le changement climatique après 2025 et ont lancé une coalition pour l’eau.

Les pays du G7, qui représentent 30 % du PIB mondial et 21 % des émissions de CO2 et comptent parmi eux trois puissances nucléaires (France, États-Unis et Royaume-Uni), se sont enfin prononcés en faveur de l’élimination progressive du charbon.

« Cela signifie que les pays du G7 sont tous sur la voie de la neutralité climatique d’ici 2050 », a annoncé Robert Habeck, ministre allemand de l’Économie et du Climat.

Cette année, les négociations entre les ministres de l’Énergie, du Climat et de l’Environnement du G7 se sont déroulées à Turin, une ville située à l’ouest du cœur industriel italien.

Les initiatives précédentes visant à engager l’ensemble du groupe à sortir du charbon s’étaient heurtées à une résistance farouche de la part des États-Unis et du Japon. Aujourd’hui, les pays se sont mis d’accord pour éliminer progressivement le charbon « au cours de la première moitié des années 2030 », comme l’indique leur déclaration commune à l’issue de la réunion.

Cependant, deux réserves subsistent : l’accord évoque la production d’électricité à base de charbon « conventionnel » — ce qui exclut les centrales équipées de dispositifs de séquestration du carbone — et la date pourra être repoussée à condition que l’évolution soit « conforme aux trajectoires de réduction à zéro [émission] nette des pays ».

« Cela ne signifie rien pour l’Europe et l’Allemagne, car le système d’échange de quotas d’émission a été mis en place de manière à ce que nous atteignions l’objectif de neutralité climatique d’ici 2050 », a souligné M. Habeck, tout en admettant que les États-Unis et le Japon avaient dû céder pour parvenir à un accord.

En effet, d’ici 2039, les émissions du secteur de l’électricité seront quasiment interdites par le Système d’échange de quotas d’émission de l’UE (SEQE-UE).

Luca Bergamaschi, directeur général du groupe de réflexion italien sur le climat ECCO, a salué cette avancée qui prouve que les pays du G7 prennent la COP28 au sérieux, notamment en raison de « l’élaboration de politiques nationales visant à abandonner les combustibles fossiles au cours des 12 prochains mois ».

Financement de la lutte contre le changement climatique

La COP29, surnommée « COP financière », se tiendra en novembre en Azerbaïdjan, les ministres du G7 ont donc donné le coup d’envoi du processus complexe d’atteindre un nouvel objectif annuel de financement de la lutte contre le changement climatique à partir de 2025, lorsque l’objectif actuel de 100 milliards de dollars aura expiré.

Les États-Unis étant en année électorale et l’Allemagne étant confrontée à des contraintes budgétaires, le groupe n’a réussi à s’accorder que sur un « plancher de 100 milliards de dollars par an ».

Les discussions sont en outre compliquées à cause de l’augmentation des taux d’intérêt et des répercussions de la crise énergétique de 2022 en Europe. La déclaration commune reconnaît que « le paysage financier mondial a considérablement évolué ».

Stockage de l’énergie

Le second sujet majeur abordé lors de la réunion a été l’engagement de multiplier par six la capacité de stockage de l’énergie, pour passer de 230 gigawatts (GW) en 2022 à « 1 500 GW en 2030 ».

Porté par une baisse de 90 % du prix des batteries au cours des 15 dernières années, le G7 souhaite exploiter cette technologie pour atteindre son objectif de 150 GW d’énergie éolienne en mer et d’un térawatt de panneaux solaires d’ici 2030.

Toutefois, selon les données du groupe de réflexion Ember, l’ambition du G7 en matière d’énergies renouvelables signifie que le groupe ne parviendra qu’à doubler, et non à tripler, sa capacité d’ici 2030.

Coalition pour l’eau

Une autre première pour le G7 a été la création d’une « coalition pour l’eau », établie par le groupe à Turin pour « gérer » l’accès à l’eau et à l’assainissement, la qualité de l’eau et la coopération « transfrontalière » dans ce domaine.

« La conférence des Nations unies sur l’eau de l’année dernière a créé une dynamique politique sans précédent dans le secteur de l’eau », a commenté Steffi Lemke, ministre allemande de l’Environnement.

Les pays de la coalition cherchent à « échanger les bonnes pratiques » de leurs efforts nationaux de gestion de l’eau en vue de la conférence de l’ONU sur l’eau de 2026, a-t-elle ajouté.

[Édité par Anna Martino]