Les ministres scandinaves de la Justice se réunissent pour lutter contre les gangs suédois
La Suède, la Norvège et le Danemark souhaitent renforcer leur coopération régionale pour lutter contre la violence des gangs, ont annoncé les ministres de la Justice des trois pays, lors d’une réunion à Copenhague mercredi 21 août.
La Suède, la Norvège et le Danemark souhaitent renforcer leur coopération afin de lutter contre la criminalité organisée, selon les ministres de la Justice des trois pays réunis à Copenhague, mercredi 21 août. La participation toujours plus importante de mineurs aux organisations criminelles suédoises inquiète notamment les dirigeants nordiques.
La réunion de Copenhague a été motivée par les récentes vagues de violence qui ont touché le Danemark et la Norvège, et qui dans les deux cas impliquaient des mineurs membres d’organisations criminelles suédoises.
La coopération policière et le contrôle des moyens de communication utilisés par le crime organisé s’intensifieront au Danemark et en Suède, ont déclaré les ministres de la Justice des deux pays, Peter Hummelgaard (Parti social-démocrate, S&D) et Gunnar Strömmer (Modérés, PPE), lors d’une conférence de presse.
Le Danemark avait déjà annoncé son intention d’introduire des contrôles aux frontières avec la Suède, après l’arrestation de jeunes Suédois soupçonnés d’avoir commis plusieurs crimes sur le territoire danois, notamment des meurtres et des attentats à l’explosif.
« La violence des gangs ne connaît pas de frontières, et nous devons intensifier nos efforts », a expliqué Peter Hummelgaard lors de la conférence de presse, en précisant que depuis avril, 25 affaires où des criminels danois ont engagé de jeunes Suédois ont été recensées.
Toujours à Copenhague, la ministre norvégienne de la Justice et de la Sécurité publique, Emilie Enger Mehl, a indiqué que les polices norvégienne et suédoise allaient lancer des patrouilles conjointes pour s’attaquer au problème des gangs.
« Nous allons prendre des dispositions pour que la police puisse mener des opérations et des patrouilles conjointes avec les forces de l’ordre suédoises », a détaillé Emilie Enger Mehl à la chaîne de télévision norvégienne TV2. Les patrouilles communes devront d’abord se mettre en place en Suède, à la demande de la police de ce pays.
Oslo enverra également des membres de la police criminelle norvégienne (Kripos) à l’unité opérationnelle nationale suédoise, afin de faciliter les échanges de connaissances au-delà des frontières.
La Norvège veut s’impliquer dans la lutte contre le crime organisé en Suède, puisque de nombreux réseaux criminels suédois ont été recensés dans toutes les régions du pays.
Entre-temps, un centre nordique est en train d’être mis en place à Stockholm, et des officiers de police de Finlande, de Norvège et du Danemark y seront présents. Des policiers norvégiens et finlandais sont déjà sur place et des policiers danois les rejoindront dans quelques semaines.
La Suède, qui ne compte que 10 millions d’habitants, a le taux de violence armée par habitant le plus élevé de l’UE, avec 55 fusillades mortelles lors de 363 incidents l’année dernière, soit bien plus que le total combiné des six fusillades mortelles qui ont touché les trois autres pays nordiques.