Les nationalistes exposent leur vision anti-turque au Parlement bulgare

Le leader du parti nationaliste bulgare Ataka a surpris hier (6 octobre) son grand allié politique, le parti GERB au pouvoir du premier ministre Boyko Borissov, en exposant son opinion anti-turque, et en critiquant les relations du gouvernement avec Ankara au Parlement. Un reportage de Dnevnik, partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.  

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Le leader du parti nationaliste bulgare Ataka a surpris hier (6 octobre) son grand allié politique, le parti GERB au pouvoir du premier ministre Boyko Borissov, en exposant son opinion anti-turque, et en critiquant les relations du gouvernement avec Ankara au Parlement. Un reportage de Dnevnik, partenaire d'EURACTIV en Bulgarie.

 

Vêtu d’un t-shirt noir portant l’inscription « Non à la Turquie dans l’UE », le dirigeant d’Ataka Volen Siderov s’est levé et a critiqué la manière dont le gouvernement a géré une visite récente du premier ministre turc Recep Tayyip Erdo?an en Bulgarie.

Sans clairement faire référence à M. Borrisov, M. Siderov a dit qu’en accueillant chaleureusement M. Erdo?an, les dirigeants avaient joué à un « jeu anti-bulgare », et que d’autres erreurs similaires « ne seraient pas tolérées ».

M. Siderov a dit : « Je voudrais dire (au gouvernement) que vous vous trompez lorsque vous supposez que la Turquie vient ici avec des intentions amicales. C’est une erreur que de faire des compromis avec Ankara ».

L’incident a explosé alors que le parlement débattait d’une motion de défiance sans aucun rapport, initiée par le parti socialiste d’opposition concernant le système de soin de santé défaillant du pays (voir « Background »).

Le vote a été perçu comme une démonstration d’autorité de la part des socialistes, puisque qu’il n’était pas attendu que l’opposition divisée fasse dégringoler le gouvernement.

Ataka, vu par beaucoup comme le plus fidèle partenaire du parti dirigeant de centre-droit GERB, a signalé pour la première fois que son soutien ne devrait pas être perçu comme inconditionnel.

Une revendication de 10 milliards d’euros

M. Siderov a soutenu que la visite de M. Erdo?an du 3 octobre avait été préparée « en secret » afin de d’empêcher Ataka de remettre au premier ministre turc un document réclamant à la Turquie de payer à la Bulgarie 10 milliards d’euros de compensation pour les pertes matérielles durant la Première Guerre mondiale.

Les ressortissants bulgares ont été obligés de quitter la Turquie entre 1912 et 1925, amenant la Bulgarie à réclamer 10 milliards d’euros de compensation pour les pertes de terres et d’immobilier. Le Protocole d’Angora de 1925 reconnaît le droit aux compensations pour les bulgares au regard de leurs pertes matérielles.

Lors de la formation du gouvernement bulgare, Bojidar Dimitrov, le ministre représentant les ressortissants bulgares à l’étranger, a déclaré que Sofia lierait la question des compensations aux discussions d’adhésion de la Turquie à l’UE. M. Borrisov a plus tard critiqué M. Dimitrov pour le commentaire déplacé et a dit que son pays poursuivrait ses intérêts en dehors du cadre de l’UE.

« Où es tu, Bojidar, mon ami » a dit M. Siderov au parlement, faisant appel de manière dramatique à M. Dimitrov, qui n’était pas présent dans la salle.

Le leader d’Ataka a également critiqué ce qu’il a qualifié de déclarations de soutien du gouvernement bulgare pour la candidature d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Lors de la visite du premier ministre turc, M. Borrisov a déclaré que la Bulgarie, en bon voisin, soutenait les perspectives d’adhésion de la Turquie à l’UE.

Pour sa part, M. Erdo?an s’est plaint du fait que l’UE place de nouveau obstacles sur le chemin de l’adhésion turque, soutenant que ceux-ci représentent des “standards doubles” par rapport à d’autres candidats à l’adhésion comme la Croatie.

Test par référendum

Ataka a intensifié ses campagnes contre la Turquie ces derniers mois, faisant appel de manière encore plus agressive à ce qu’un référendum sur l’adhésion de la Turquie à l’UE soit tenu.

Durant la visite de M. Erdo?an, M. Borrisov a déclaré qu’il était trop tôt pour se prononcer. « La question du référendum sur l’adhésion de la Turquie sera à l’agenda lorsque la Turquie aura achevé ses négociations avec l’UE », a dit M. Borrisov.

Lors d’une récente visite à Bruxelles, le négociateur en chef de la Turquie Egemen Ba??? a dit que son pays ne craignait pas que des référendums aient lieu dans les pays de l’UE au sujet de l’adhésion de la Turquie à l’UE.