Les négociations UE-Serbie pourraient se conclure 'en quelques mois' [FR]

Le 13 juin 2007, l'UE a repris les négociations sur un accord de stabilisation et d'association avec la Serbie, mais le commissaire à l'élargissement Olli Rehn a clairement indiqué que cet accord serait conditionné par la remise des supposés criminels de guerre encore en liberté.

Le 13 juin 2007, l’UE a repris les négociations sur un accord de stabilisation et d’association avec la Serbie, mais le commissaire à l’élargissement Olli Rehn a clairement indiqué que cet accord serait conditionné par la remise des supposés criminels de guerre encore en liberté.

A la suite de la reprise des négociations avec le premier ministre de la Serbie et le négociateur en chef serbe Bozidar Djelic le 13 juin 2007, Olli Rehn a confié aux journalistes qu’il était « heureux de voir que la Serbie était de nouveau sur le chemin de l’Union européenne et à la table des négociations ».  

Le commissaire à l’élargissement a indiqué que l’accord de stabilisation et d’association (ASA) apporterait non seulement des avantages commerciaux et économiques à la Serbie, mais représentait également une porte ouverte vers l’adhésion de la Serbie à l’UE. 

Il a cependant averti que la pleine coopération avec le tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY), qui devrait conduire à l’arrestation des inculpés encore en fuite, constituait une condition à la conclusion des négociations d’ASA. 

Les négociations ont été suspendues en 2006, la Serbie n’ayant pas remis l’ancien dirigeant serbe bosniaque, Radovan Karadzic, et l’ancien commandant militaire, Ratko Mladic, au tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY). 

Bozidar Djelic a déclaré que son pays avait hâte de « rattraper son retard » par rapport à ses pays voisins. La Croatie et la Macédoine ont déjà reçu le statut de candidat. Il a déclaré : « La Serbie a besoin d’un nouveau départ ».

Bozidar Djelic est convaincu que l’accord pourrait être finalisé et initialisé au cours des prochains mois. Il a notamment indiqué que la Serbie cherchait à obtenir le statut de candidat d’ici 2008.

Interrogé sur la question du Kosovo, Olli Rehn, a déclaré que « les voies empruntées par l’UE et par l’ONU » constituaient deux « processus distincts ». Il a ajouté que « faire des concessions sur la question du Kosovo ne constituerait pas l’unique condition permettant à la Serbie de retrouver le chemin vers l’adhésion à l’UE ». Il a cependant indiqué qu’il s’attendait à « une démarche constructive » de la part de la Serbie pour parvenir à un règlement final du statut du Kosovo. 

Sur le même sujet, le vice-premier ministre serbe a indiqué : « Nous défendrons de manière pacifique l’intégrité territoriale de notre pays ».

Un projet de résolution permettant de parvenir à un règlement final du statut du Kosovo est actuellement en cours de discussion au Conseil de sécurité de l’ONU. Le texte, qui prévoit de facto l’indépendance de la province serbe du Kosovo, est soutenu par l’UE et les Etats-Unis, mais la Serbie avec le soutien de la Russie, reste opposée à l’indépendance du Kosovo. La province est sous administration internationale civile et militaire depuis le conflit de 1999.