Les partis qui ont mené la Grèce à la ruine s'apprêtent à former un gouvernement de salut national

Les conservateurs grecs ont annoncé qu'ils comptaient former un gouvernement de coalition avec les socialistes dès aujourd'hui (19 juin), ce qui permettrait aux deux partis qui ont dominé la scène politique pendant des décennies et ruiné le pays de partager le pouvoir malgré un vote plus que contestataire lors des élections.

EURACTIV.com
Antonis Samaras
Antonis Samaras

Les conservateurs grecs ont annoncé qu'ils comptaient former un gouvernement de coalition avec les socialistes dès aujourd'hui (19 juin), ce qui permettrait aux deux partis qui ont dominé la scène politique pendant des décennies et ruiné le pays de partager le pouvoir malgré un vote plus que contestataire lors des élections.

Des sources du parti grec qui a remporté les élections, Nouvelle démocratie, ont déclaré qu'elles pensaient que le PASOK, arrivé en troisième position, accepterait de former un gouvernement de coalition, a rapporté Euronews.

Antonis Samaras, à la tête de Nouvelle démocratie, s'est vu octroyer un mandat de trois jours par le président grec pour former un gouvernement de coalition. Hier au soir, il s'est entretenu avec le dirigeant du PASOK, Evangelos Venizelos.

Nouvelle démocratie a remporté 29,7 % des voix, devant le parti Syriza de la gauche radicale à 27 %. Pour former un gouvernement, M. Samaras aura besoin des socialistes du PASOK, le plus grand parti du pays pendant des décennies, aujourd'hui dans la ligne de mire des électeurs en rogne. Nouvelle démocratie et le PASOK sont dans le camp pro-renflouement.

Un éminent membre de Nouvelle démocratie a affirmé qu'un accord devrait bientôt être conclu avec le PASOK et peut-être avec la Gauche démocrate, un petit parti de centre-gauche. Le bonus de 50 sièges automatiquement accordé au parti qui arrive en tête du scrutin permettra à Nouvelle démocratie de disposer de 129 sièges au parlement qui en compte 300. Le PASOK comptera 33 députés et la Gauche démocrate 17.

Nouvelle démocratie et le PASOK ont été tour à tour au pouvoir depuis la chute du régime militaire en 1974, et ce jusqu'à l'année dernière, lors que la crise économique a forcé les deux rivaux à partager le pouvoir au sein d'un gouvernement d'unité nationale avec la tâche de sauver le pays de la faillite.

De nombreux Grecs tiennent les deux partis pour responsables de la quasi-faillite de leur pays qui les a forcés à conclure des accords de renflouement avec l'Union européenne et le FMI en 2010 et cette année encore.

« Je suis optimiste et je pense que cette fois-ci, ils parviendront à former un gouvernement », a déclaré à Reuters un banquier grec qui a refusé d'être nommé. « Ils ont réalisé qu'ils n'avaient plus droit à l'erreur et qu'ils manquaient de temps. Une troisième élection serait un désastre. »

Sans le soutien de l'UE et du FMI, le gouvernement ne pourra plus payer ses fonctionnaires dès juillet. Les experts craignent également un effondrement des systèmes d'approvisionnement d'électricité et de gaz naturel.

Alléger les conditions du renflouement ?

M. Samaras a promis aux Grecs et aux partenaires éventuels qu'il tenterait d'adoucir les conditions difficiles du renflouement accordé par l'UE et le FMI et qui a permis à la Grèce de se maintenir à flot. Il a fait peu de cas des protestations de l'Allemagne qui s'oppose à l'octroi d'une plus grande marge de manœuvre au pays.

« Nous devrons apporter plusieurs modifications nécessaires à l'accord de renflouement, afin d'aider le peuple à supporter la hausse du chômage et ces temps très difficiles », a-t-il déclaré.

Néanmoins, toute tentative de s'écarter du chemin de l'austérité sera accueillie avec froideur chez les partenaires européens de la Grèce, déjà irrités par la lenteur des réformes. L'Allemagne a exclu tout délai important pour les mesures prévues dans le cadre du plan de sauvetage de 130 milliards d'euros.

La chancelière Angela Merkel a déclaré lors d'une réunion du G20 au Mexique que tout relâchement dans les engagements pris par la Grèce ne serait pas acceptable. Elle a martelé qu'Athènes devrait respecter ses promesses.