Les Pays-Bas en tête des importateurs européens de produits issus de la déforestation
Les Pays-Bas sont le plus grand importateur européen de produits en provenance de pays tiers présentant un risque élevé de déforestation, notamment le soja, l’huile de palme et le cacao, a rapporté jeudi (28 septembre) l’agence de statistiques du pays, CBS.
Les Pays-Bas sont le plus grand importateur européen de produits en provenance de pays tiers présentant un risque élevé de déforestation, notamment le soja, l’huile de palme et le cacao, a rapporté jeudi (28 septembre) l’agence de statistiques du pays, CBS.
Le Brésil est le premier pays tiers exportateur de produits liés à la déforestation vers les Pays-Bas, livrant des produits — notamment du soja et du bois — pour une valeur de 3,2 milliards d’euros en 2022. Les États-Unis sont la deuxième plus grande provenance de produits liés à la déforestation, suivis par la Côte d’Ivoire.
« Les Pays-Bas sont le premier importateur européen de soja, d’huile de palme et de cacao en provenance de pays non-membres de l’UE en termes de valeur d’importation », indique l’agence sur son site web.
« Les Pays-Bas sont également le deuxième importateur européen de bois et de bœuf en provenance de pays non-membres de l’UE, et le sixième importateur européen de café (dont une grande partie arrive par l’Allemagne et la Belgique) », peut-on aussi lire.
Si 28 % des produits liés à la déforestation sont immédiatement réexportés, 33 % le sont après transformation aux Pays-Bas et 39 % restent dans le pays, le bois, le café et le bœuf entrant principalement dans cette dernière catégorie.
L’industrie de l’alimentation animale est le plus grand consommateur de produits liés à la déforestation aux Pays-Bas, utilisant environ 41 % des importations qui ne sont pas immédiatement réexportées.
L’Union européenne a récemment intensifié ses efforts pour interdire les produits liés à la déforestation au sein de l’Union, les législateurs s’étant mis d’accord sur une loi anti-déforestation qui a été votée par le Parlement européen en avril. La loi s’appliquera aux grandes et moyennes entreprises 18 mois après son approbation en mai dernier, tandis que les petites et microentreprises disposeront de 24 mois pour la mettre en œuvre.
Le rapport a toutefois suscité l’indignation des législateurs et des défenseurs du climat.
« Nos dégâts climatiques ne se limitent pas aux Pays-Bas. En tant que pays commerçant, nous contribuons également à la déforestation et aux émissions de CO2 dans le monde entier. Un petit pays peut être grand », a écrit l’eurodéputée Suzanne Kröger (Verts/Alliance Libre Européenne) sur X.
« C’est une bonne chose que la loi européenne sur les forêts interdise notre participation à la déforestation mondiale », a ajouté Sigrid Deters, chargée de campagne sur la biodiversité chez Greenpeace Pays-Bas, tout en appelant la nécessité d’une loi qui punisse les institutions financières qui profitent de pratiques commerciales non respectueuses du climat.