Les PME, figures incontournables de la sortie de crise

Un rapport de l’OCDE dont la publication est prévue pour avril, préconise aux gouvernements des pays de la zone de favoriser l’innovation des PME afin de parvenir à une sortie de crise.

EURACTIV.fr

Un rapport de l’OCDE dont la publication est prévue pour avril, préconise aux gouvernements des pays de la zone de favoriser l’innovation des PME afin de parvenir à une sortie de crise.

« Les gouvernements devraient en faire plus pour les PME », telle est la position soutenue par l’OCDE pour sortir de la crise. Les PME représentent 99% des entreprises de la zone OCDE, deux tiers des emplois, et 50 à 75% de la valeur ajoutée créée. Cependant, elles sont aussi souvent moins innovantes que les grandes entreprises. Un rapport de l’OCDE, « PME, entreprenariat et innovation » qui devrait être publié en avril 2010 souligne le rôle fondamental joué par les petites entreprises dans le processus de croissance.

Certaines PME, les « gazelles » ont un fort potentiel d’innovation et de développement, explique le rapport. Le cadre de l’innovation a changé. « Le cycle de vie des produits est de plus en plus court et les marchés sont fragmentés. Dans un tel contexte les PME ont un net avantage compétitif », a indiqué Jon Potter, un des auteurs du rapport.

L’Europe engagée avec la stratégie de Lisbonne à devenir l’économie de la connaissance la plus compétitive du monde semble avoir failli à son objectif. « L’Union européenne essaye de s’inscrire dans cette démarche, mais jusqu’à présent les résultats ne sont pas au rendez-vous » a indiqué Sergio Arzeni, directeur du Centre pour l’entreprenariat de l’OCDE. L’enjeu de la réussite ne réside tant pas dans « le montant des sommes consacrées aux investissements mais plutôt dans la rapidité du traitement de la demande et dans les méthodes utilisées », poursuit-il, déplorant la lenteur du processus bureaucratique en Europe notamment. « Les gouvernements doivent accepter une part de risque, lorsque l’on investit dans l’innovation, on ne peut avoir la certitude d’un succès » a-t-il ajouté.

Les économistes préconisent ainsi aux gouvernements de concentrer leurs politiques d’innovation sur des politiques visant à renforcer l’entreprenariat et à augmenter la capacité d’innovation des PME. Pour ce faire, les auteurs du rapport ont considéré qu’il était important d’opérer le passage d’une « culture de l’employé à une culture de l’entrepreneur », en assurant une formation à l’entreprenariat à l’école et dans les universités. Accroître l’innovation, en développant les relations entre les entreprises et les universités, et renforcer l’entreprenariat social sont également des priorités pour l’OCDE.

La France a déjà pris des mesures en la matière, l’Agence nationale de valorisation de la recherche a par exemple recentré ses activités sur l’aide à la recherche et développement pour les PME. Le crédit impôt recherche, l’émergence de pôles de compétitivité, l’apparition d’acteur comme la banque Oseo, ont contribué au développement de l’innovation des PME. Les barrières règlementaires à l’entreprenariat restent cependant encore importantes.