Les PME sont indispensables à l’intégration de l’IA dans l’action climatique, selon les parties prenantes
Les PME joueront un rôle central dans la réussite de la double transition écologique et numérique, ainsi que dans l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle dans ces processus, ont souligné les acteurs du secteur cette semaine.
Les petites et moyennes entreprises (PME) joueront un rôle central dans la réussite de la double transition écologique et numérique, ainsi que dans l’intégration de technologies telles que l’intelligence artificielle (IA) dans ces processus, ont souligné les acteurs du secteur à Bruxelles cette semaine.
Les décideurs politiques et les chefs d’entreprise ont discuté du rôle de l’IA dans la réalisation des objectifs de la double transition de l’UE et des rôles à jouer par les secteurs privé et public lors d’un événement sur le thème de l’exploitation de la numérisation au service de la décarbonation, organisé par le groupe de réflexion Lisbon Council et Amazon Web Services mercredi (8 février).
L’UE a fixé plusieurs objectifs dans ces deux domaines, avec les objectifs de la Décennie numérique d’un côté et du Pacte vert pour l’Europe (Green Deal) de l’autre.
Les intervenants à l’événement de mercredi ont toutefois souligné que les deux ne devaient pas être considérés comme des solutions parallèles mais comme des approches conjointes, la technologie faisant partie intégrante des objectifs climatiques.
De même, l’importance des PME pour favoriser l’innovation dans le domaine des technologies vertes et de la double transition a été soulignée à plusieurs reprises tout au long de la discussion. En outre, l’importance de la relation entre les entreprises et les gouvernements dans la réalisation des objectifs numériques et climatiques a été soulignée.
« Si nous voulons atteindre la neutralité carbone, qui est le plus grand défi auquel l’humanité est confrontée en matière de changement climatique, nous devons absolument intégrer l’IA et la technologie » dans les efforts environnementaux, a déclaré Maria Mandiluce, PDG de la We Mean Business Coalition, qui regroupe sept ONG.
« C’est quelque chose qui doit être intégré. Ce n’est pas quelque chose qui fonctionnera en parallèle. »
L’IA et les technologies innovantes connexes peuvent jouer un rôle clé dans l’accélération de la transition écologique et seront essentielles pour atteindre les objectifs de la Décennie numérique de l’Europe. Ces objectifs comprennent notamment la numérisation durable des entreprises et des services publics, ont souligné à plusieurs reprises les parties prenantes.
L’IA peut y contribuer « en permettant à un plus grand nombre de personnes de participer au développement et au déploiement de technologies pour les énergies propres », a déclaré Hassane Elias Kassouf, responsable des programmes d’innovation mondiaux d’Amazon’s Cloud Computing Services (AWS) dans le domaine de l’énergie et des services publics.
Les travaux relatifs à la définition d’objectifs climatiques au niveau de l’UE sont en cours, avec par exemple la présentation la semaine dernière du Plan industriel du pacte vert (Green Deal Industrial Plan), a indiqué Vincent Berutto, chef d’unité pour la recherche, l’innovation, la compétitivité et la numérisation au département chargé de l’énergie à la Commission européenne.
« Dans le même temps, nous devons profiter encore plus des avantages offerts par les solutions numériques dans le secteur de l’énergie », a déclaré M. Berutto.
« Nous disposons d’un secteur énergétique de plus en plus électrifié, de plus en plus décarboné, de plus en plus décentralisé et intégré. Pour cette raison, je pense que l’IA et les solutions numériques jouent un rôle croissant. »
Dans le secteur de l’énergie, a ajouté M. Berutto, l’implication des technologies innovantes intervient dans plusieurs domaines, qu’il s’agisse de fournir de la flexibilité ou de garantir que la demande et l’offre soient satisfaites à tout moment grâce aux sources d’énergie renouvelables.
La Commission a mis en place des programmes dans lesquels les technologies sont intégrées dans les solutions énergétiques. Dans l’un d’eux, axé sur la promotion des investissements dans les réseaux énergétiques intelligents, l’exécutif européen travaille avec les gestionnaires de réseaux de transport et de distribution pour construire un « jumeau numérique » du réseau électrique de l’UE.
Une déclaration d’intention à cet effet a été signée par les organisations du secteur en décembre, suite à la proposition du projet dans le plan d’action de la Commission d’octobre 2022 pour la numérisation du secteur de l’énergie.
Ce jumeau numérique doit permettre d’aider à coordonner les investissements dans la numérisation de l’infrastructure électrique de l’UE. Par ailleurs, il devrait également renforcer son efficacité, contribuant ainsi aux objectifs du plan REPowerEU, dont le but est de réduire la dépendance à l’égard des combustibles fossiles russes et d’accélérer la transition écologique.
Pour que de tels plans puissent fonctionner, les intervenants ont toutefois souligné que les décideurs et les responsables politiques devaient collaborer avec les acteurs du secteur privé, en particulier les PME et les start-up travaillant sur des solutions innovantes.
Les récents travaux entrepris par le groupe de réflexion du Lisbon Council sur les transitions écologique, numérique et concurrentielle, qui sont interconnectées, ont mis en évidence l’importance des PME. Celles-ci sont en effet à l’origine de nombreuses nouvelles technologies de rupture, a indiqué Paul Hofheinz, président du groupe de réflexion.
Il a toutefois ajouté que certains changements seraient nécessaires en Europe afin de maximiser le potentiel de ces solutions à contribuer aux objectifs environnementaux. Il conviendrait notamment de veiller à ce que les technologies puissent être réparties dans la société au sens large et faire l’objet d’un développement commercial plutôt que de les cantonner dans les laboratoires, où leur impact pourrait ne pas être perceptible.
Un argument en faveur de l’accent mis sur les petits entrepreneurs, a fait remarquer M. Kassouf, est que « les innovateurs locaux sont mieux à même de résoudre les problèmes locaux avant que ceux-ci ne deviennent des problèmes mondiaux ».
Cela devrait permettre d’élaborer une stratégie visant à garantir que les entrepreneurs issus de communautés locales, et notamment de communautés sous-représentées ou mal desservies, puissent travailler sur les questions qui les concernent le plus.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]