Les relations crispées de Jean-Claude Juncker et David Cameron

Le premier ministre britannique, David Cameron, tente de faire pression sur Jean-Claude Juncker pour obtenir un portefeuille important dans la prochaine Commission. Les tensions sont palpables entre les deux responsables politiques.

EURACTIV.com
David Cameron et Jean-Claude Juncker. Bruxelles, 17 juillet 2014 [Commission européenne]
David Cameron et Jean-Claude Juncker. Bruxelles, 17 juillet 2014 [Commission européenne]

Le premier ministre britannique, David Cameron, tente de faire pression sur Jean-Claude Juncker pour obtenir un portefeuille important dans la prochaine Commission. Les tensions sont palpables entre les deux responsables politiques.

Lors du sommet européen le 16 juillet, un haut représentant britannique a confirmé que Jean-Claude Juncker demandait un portefeuille économique majeur, soit le commerce, la concurrence, les finances l’énergie ou le marché unique. Soit les postes les plus recherchés au sein du collège de commissaires

Les autorités britanniques ont désigné Jonathan Hill comme candidat au poste de commissaire. Il est aujourd’hui leader conservateur de la Chambre des Lords, la chambre haute du Parlement britannique.

Natasha Bertaud, porte-parole de M. Juncker, a confirmé qu’une réunion avait lieu entre David Cameron et Jean-Claude Juncker le 17 juillet.

Elle n’a pas caché que les relations entre les deux hommes sont délicates. « Comme vous le savez, David Cameron et Jean-Claude Juncker n’ont pas entretenu les meilleures relations possible ces derniers mois. David Cameron est un diplomate d’envergure et Jean-Claude Juncker écoutera ses propos. Mais Jean-Claude Juncker ne lui doit rien »,a expliqué Natasha Bertaud.

David Cameron s’est fermement opposé à la candidature de Jean-Claude Juncker, ancien premier ministre du Luxembourg. Toutefois, tous les autres dirigeants européens, à l’exception du premier ministre hongrois, Victor Orbán, ont fait front contre le Britannique lors du sommet de juin.

>> Lire : Bataille de chefs d’État autour de la candidature de Jean-Claude Juncker

Le débat tendu entre David Cameron et Jean-Claude Juncker alimente les spéculations : le Royaume-Uni pourrait se retrouver avec un poste secondaire quand les chefs d’État s’accorderont sur la composition du collège.

Jonathan Hill: candidat controversé ?

Le 16 juillet, l’annonce de la désignation du candidat au poste de commissaire britannique a fait la Une des journaux. Selon Reuters, Martin Schulz, le président du Parlement européen, aurait pourtant déclaré que les points de vue « radicalement antieuropéens » risquaient de l’empêcher d’atteindre l’exécutif européen.

« Je ne peux imaginer que Jonathan Hill obtienne la majorité au Parlement européen. Ses idées, pour autant qu’il en ait, sont radicalement antieuropéennes », a déclaré Martin Schulz.

Mais Martin Schulz a fait marche arrière lors de sa conférence de presse au Conseil, affirmant que ses propos ont été déformés.

 « C’est le journaliste responsable de l’entretien qui a tenu ces propos, j’ai répondu au conditionnel. Je n’ai aucun préjugé contre Jonathan Hill et je traite tout le monde de la même manière », a-t-il poursuivi.

Un commissaire eurosceptique devra faire face à l’opposition au Parlement, selon lui. Il a entre- temps appris que Jonathan Hill faisait partie de la frange plus proeuropéenne des conservateurs britanniques, a-t-il avoué.

Il a également déclaré qu’une Commission sans une véritable parité homme/femme serait rejetée par le Parlement européen.

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