Les relations de Manfred Weber posent question à l’approche des élections grecques

Un réseau de consultants politiques grecs influents travaillant pour le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, et entretenant des liens étroits avec le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis, a été mis en lumière à l’approche des élections grecques de la semaine prochaine.

Euractiv.com
European People’s Party Assembly in Helsinki
Un réseau de consultants politiques grecs influents travaillant pour le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, et entretenant des liens étroits avec le Premier ministre Kyriákos Mitsotákis, a été mis en lumière à l’approche des élections grecques de la semaine prochaine. [EPA-EFE/KIMMO BRANDT]

Un réseau de consultants politiques grecs influents travaillant pour le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, et entretenant des liens étroits avec le Premier ministre grec Kyriákos Mitsotákis, a été mis en lumière à l’approche des élections grecques de la semaine prochaine.

Lire l’article original en anglais ici.

Le Parti populaire européen est le groupe le plus ancien et également le plus important au sein du Parlement européen. Il rassemble les partis de centre droit de l’UE.

Le bavarois Manfred Weber a été élu à la tête du PPE le 31 mai 2022 lors du Congrès de Rotterdam. Thanasis Bakolas, ancien conseiller principal de M. Mitsotákis, a été nommé secrétaire général du PPE lors du même Congrès.

Quelques semaines après cela, des changements à la tête du parti de centre droit sont intervenus.

Par ailleurs, à la suite d’une série de changements de personnel au siège bruxellois du PPE après la prise de fonction de M. Weber, une équipe de quatre « experts » a été chargée d’évaluer le personnel du PPE de l’époque. Selon une source bien informée du PPE, deux d’entre eux — le consultant gréco-américain en médias numériques Eric Parks ainsi que Jerry Zagoritis — ont obtenu des contrats par la suite.

Ces consultants sont des proches de M. Mitsotákis. Le Premier ministre grec, candidat à sa succession dans le cadre d’une course serrée contre le parti de gauche Syriza pour les élections du 21 mai, est l’un des plus proches alliés de M. Weber dans la famille du centre droit européen.

C’était l’un des trois dirigeants du centre droit signataires de la candidature de M. Weber à la direction du PPE. Pour sa part, M. Weber a publiquement soutenu M. Mitsotákis, et ce malgré les récents scandales concernant la mise sur écoute de journalistes et d’opposants politiques par l’État grec.

Des sources ont indiqué à EURACTIV qu’un autre Grec, Giorgos Botsis, a été impliqué dans l’organisation des récentes réunions de l’assemblée du PPE à Lisbonne, Helsinki et Munich. Les médias grecs ont rapporté que M. Botsis était considéré comme un associé de confiance de M. Mitsotákis.

Deux sources indépendantes du PPE ont confié à EURACTIV que le consultant M. Parks avait informé le personnel du PPE le 24 février qu’il s’agissait de la dernière réunion quotidienne « jusqu’à nouvel ordre », signe que quelque chose ne tournait pas rond.

L’homme politique grec Theódoros Zagorákis est quant à lui un vétéran d’une série de campagnes européennes et nationales. En 2014, il a également fait partie de la « task force numérique » de Jean-Claude Juncker lors de sa fructueuse campagne à la présidence de la Commission européenne, en 2014.

Une liste de participants à un évènement, consultée par EURACTIV, fait référence à M. Zagoritis, l’autre consultant, en tant que « directeur des communications » pour le PPE, alors que ce n’était officiellement pas son rôle.

Des sources haut placées au Parlement européen ont confié à EURACTIV que le département du Parlement responsable des finances des partis politiques avait récemment remis en question les termes et le contenu des contrats relatifs aux deux entreprises auprès desquelles le PPE avait externalisé des activités.

« Les entreprises ne sont pas basées en Grèce, mais les propriétaires sont grecs », a indiqué une source du Parlement à EURACTIV.

Une source du PPE a ajouté que « l’une d’entre elles offre également des services de conseil au parti grec au pouvoir, Nouvelle Démocratie, à Athènes ».

Le budget du PPE pour 2022-23, consulté par EURACTIV, indique des dépenses de plus d’un million d’euros pour le site Internet et les publications numériques, alors que le parti se prépare pour les élections européennes de l’année prochaine, prévues en mai ou juin 2024.

Interrogé sur les contrats, le secrétaire général du PPE, M. Bakolas, a déclaré à EURACTIV que « nous considérons que toute question concernant le personnel et les employés du PPE est essentiellement une affaire privée et que le règlement général de l’UE sur la protection des données garantit que “toute personne a le droit à la protection des données à caractère personnel la concernant” ».

M. Bakolas a ajouté que « le PPE fait l’objet d’un examen très strict de tous les contrats et de tous les appels d’offres. Tous les contrats sont examinés et approuvés par des cabinets d’audit accrédités, des auditeurs internes, ainsi que par les autorités financières du Parlement européen ».

Depuis que les partis politiques européens sont devenus indépendants en juillet 2004, lorsque de nouveaux règlements de l’UE leur ont permis de recevoir un financement annuel du Parlement européen, le financement total de l’UE dont ils disposent est passé de 6,5 millions d’euros en 2004 à 46 millions d’euros en 2021.

Bien que les partis soient autorisés à collecter une petite partie de leur financement auprès de leurs partis membres, la grande majorité de leurs revenus provient du budget de l’UE et ils sont donc obligés de justifier les montants annuellement.