Les responsables politiques de l’UE réagissent à la nouvelle Commission d’Ursula von der Leyen

Les eurodéputés de tous bords ont passé une bonne partie de la journée mardi 17 septembre, à exposer leur opinion sur le futur collège des commissaires proposé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

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EU Parliament re-elects Ursula von der Leyen as European Commission President
L’équipe exécutive proposée par Ursula von der Leyen — qui, de manière inhabituelle, a été révélée d’abord à la presse et non aux eurodéputés — devra obtenir un large soutien du Parlement avant que la nouvelle Commission ne puisse entrer en fonction. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

Les eurodéputés de tous bords ont passé une bonne partie de la journée mardi 17 septembre, à exposer leur opinion sur le futur collège des commissaires proposé par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Une fois n’est pas coutume, l’équipe exécutive suggérée par Ursula von der Leyen a d’abord été révélée à la presse et non aux eurodéputés. Le collège des commissaires de l’UE devra pourtant obtenir un large soutien du Parlement avant que la nouvelle Commission ne puisse entrer en fonction.

La présidente de la Commission a essayé d’équilibrer les postes les plus importants entre les groupes parlementaires détenant suffisamment de sièges, dans le but d’obtenir l’approbation de son collège.

« C’est une proposition de lumière et d’obscurité », a déclaré Iratxe García, leader du groupe de centre gauche des Socialistes et Démocrates européens (S&D) au Parlement. Iratxe García a salué le fait que deux postes de vice-président exécutif (VPE) soient attribués à des membres de S&D, mais a déploré le projet d’Ursula von der Leyen d’attribuer l’un de ces postes à un membre du groupe d’extrême droite des Conservateurs et Réformistes européens (CRE).

« Deux vice-présidents exécutifs [de S&D] répondent vraiment à notre demande d’équilibre politique entre les familles [politiques] », a-t-elle commenté.

Cependant, « les CRE n’ont pas fait partie des groupes politiques qui ont soutenu la présidente von der Leyen lors de son élection à la présidence », ce qui « nous pose problème ».

Iraxte García n’a toutefois pas confirmé que les Socialistes voteraient contre le membre des CRE en lice pour le poste de président, l’Italien Raffaele Fitto.

Outre Raffaele Fitto, Ursula von der Leyen a en effet proposé de confier deux des six postes les plus élevés à des candidates S&D : l’Espagnole Teresa Ribera et la Roumaine Roxana Mînzatu.

Deux autres vice-présidences devraient revenir à la Finlandaise Henna Virkkunen (PPE) et au Français Stéphane Séjourné (Renew), alors que la sixième est attribuée à Kaja Kallas (Renew), ancienne Première ministre d’Estonie, qui a été choisie par les États membres en juillet pour occuper le poste de Haute représentante pour les affaires étrangères.

Le groupe S&D de Iratxe García est le deuxième bloc le plus important au Parlement après le Parti populaire européen (PPE) de centre droit d’Ursula von der Leyen. En troisième position, le groupe nationaliste d’extrême droite des Patriotes pour l’Europe, suivi par les CRE, le groupe libéral Renew, les Verts, La Gauche (GUE/NGL), et l’Europe des nations souveraines (ESN), un autre groupe nationaliste d’extrême droite.

Marco Falcone, vice-président de la délégation italienne du PPE au Parlement européen, du parti Forza Italia, a expliqué à Euractiv que son groupe saluait la désignation de Raffaele Fitto en tant que vice-président exécutif de la Commission européenne.

« La présidente Ursula von der Leyen a pu faire un choix très médiatisé et attentionné envers l’Italie, un pays fondateur et une nation phare de l’UE », s’est-il réjoui.

Mais l’imminente audition de confirmation de Raffaele Fitto au Parlement risque d’être compliquée. À l’instar d’Iratxe García, Valérie Hayer, cheffe de file du groupe Renew, a également exprimé son scepticisme à l’égard du responsable italien d’extrême droite, dont la perspective d’accéder à un poste de vice-président exécutif a fait l’objet de discussions pendant des semaines.

« Nous avons été très clairs, nous avons établi un cordon sanitaire au Parlement. Nous ne travaillons pas avec l’extrême droite », a-t-elle affirmé mardi 17 septembre lors d’une conférence de presse.

Le PPE, plus grand groupe du Parlement européen, a lui aussi participé à l’établissement de ce cordon sanitaire contre l’extrême droite, mais ne semble donc pas considérer le groupe des Conservateurs et Réformistes européens comme faisant partie de cette catégorie.

Nicola Procaccini, co-président des CRE, espère que ses collègues eurodéputés ne tomberont pas « dans des préjugés idéologiques, mais jugeront tous les candidats sur la base de leurs compétences, de leurs aptitudes et de leur expérience », a-t-il écrit dans un communiqué.

Même si la plupart des membres de son groupe ont voté contre le second mandat d’Ursula von der Leyen, les CRE « resteront ouverts d’esprit au cours de cette législature », a-t-il ajouté.

Aucun membre des Verts n’a été nommé dans le nouveau collège des commissaires. Néanmoins, la chef de file des Verts, Terry Reintke, a déclaré qu’ils « veulent faire partie intégrante de l’élaboration des politiques au cours des cinq prochaines années ». En juillet, les votes des Verts ont été cruciaux pour assurer le second mandat d’Ursula von der Leyen.

Terry Reintke a affirmé que les Verts étaient « très, très dubitatifs » quant à la nomination de Raffaele Fitto des CRE à la vice-présidence exécutive et a suggéré qu’ils pourraient faire pression pour un « remaniement potentiel » des portefeuilles.

Manon Aubry, l’une des leaders de La Gauche, s’est insurgée contre le plan d’Ursula von der Leyen. Lors d’une conférence de presse, elle l’a qualifié de « Commission la plus à droite jamais vue dans l’histoire de l’Union européenne ».