Les restrictions de voyage liées à la Covid sont allégées pour les Ukrainiens
Pour les millions d’Ukrainiens qui fuient la guerre, les pays de l’UE lèvent les restrictions de voyage liées à la Covid-19.
Pour les millions d’Ukrainiens qui fuient la guerre, les pays de l’UE lèvent les restrictions de voyage liées à la Covid-19. Toutefois, l’agence européenne des maladies infectieuses (ECDC) et le bureau européen de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) ont souligné l’importance de garantir la couverture vaccinale des réfugiés dans les pays d’accueil.
Depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février, près de trois millions de personnes ont fui le pays à la date du mardi 15 mars. Avec une population de plus de 40 millions d’habitants, l’Ukraine a l’un des taux de vaccination les plus faibles d’Europe (35 % au 23 février), ce qui est nettement inférieur à la moyenne de l’UE et de l’EEE.
Mais les personnes évacuées n’auront pas à se soucier des vaccins, des tests ou de l’obtention du certificat numérique Covid de l’UE.
« L’absence de documents de voyage ou de documents médicaux (certificat de vaccination, test Covid-19) ne devrait pas constituer un obstacle à l’entrée dans l’UE », peut-on lire sur la page d’information de la Commission européenne dédiée aux personnes fuyant la guerre en Ukraine.
En conséquence, certains pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine, tels que la Pologne, la Roumanie et la Slovaquie, ont décidé de réduire les restrictions de voyage liées à la Covid-19, comme le reconnaît également le dernier rapport technique de l’ECDC.
Quant à ceux qui voyagent à l’intérieur de l’UE, un porte-parole de la Commission a déclaré à EURACTIV qu’en vertu des règles de Schengen, les gardes-frontières peuvent autoriser les ressortissants non européens à entrer sur le territoire d’un État membre pour des raisons humanitaires, même s’ils ne remplissent pas toutes les conditions d’entrée.
Cela signifie qu’ils sont autorisés à entrer même s’ils n’ont pas de passeport ou de visa valide sur eux, par exemple. « Les États membres pourraient appliquer cette dérogation pour permettre l’entrée à toutes les personnes fuyant le conflit en Ukraine », a expliqué le porte-parole.
Dans l’ensemble, les personnes ayant besoin d’une protection internationale ou voyageant pour d’autres raisons humanitaires sont considérées comme des « voyageurs essentiels » et devraient être autorisées à se rendre dans l’UE, a souligné le porte-parole.
Les maladies infectieuses suscitent des inquiétudes
À la date de lundi (14 mars), depuis le début de la pandémie de Covid-19, l’Ukraine a signalé 4 906 408 cas confirmés et 107 184 décès, selon l’OMS.
La promiscuité dans les abris et les centres d’accueil pourrait accroître la propagation de la contamination par la Covid, ainsi que d’autres maladies transmissibles.
« Les conditions environnementales dans lesquelles ils voyagent ou dans lesquelles ils séjournent dans les centres d’accueil peuvent accroître leur exposition à la Covid», a déclaré le 4 mars John F. Ryan, directeur général adjoint par intérim de la DG SANTE, le service de santé de la Commission, lors d’un webinaire informatif.
L’agence européenne des maladies infectieuses fournit également des évaluations des risques. Dans son dernier rapport technique, publié le 8 mars, elle souligne qu’il convient de donner la priorité à la « protection contre les maladies infectieuses facilement transmissibles et susceptibles d’entraîner des conséquences graves, telles que la Covid-19, la rougeole et la poliomyélite ».
« Assurer la continuité des vaccinations de routine et combler les manques dans les antécédents de vaccination est un élément essentiel du soutien de la santé publique aux personnes déplacées », souligne le rapport, ajoutant que l’acceptation de la vaccination doit également être évaluée et prise en compte chez les personnes fuyant l’Ukraine.
Fournir des vaccins
Les pays de la région européenne proposent la vaccination aux réfugiés d’Ukraine, a rassuré Siddhartha Datta, conseiller régional de l’OMS pour l’Europe, car « l’accès équitable aux vaccins est un droit pour tous, où qu’ils se trouvent. »
« La vaccination contre des maladies comme la Covid-19, la rougeole et la poliomyélite est particulièrement importante pour les groupes de populations les plus exposés à des conséquences graves », a-t-il déclaré.
Il a ajouté que pour la Covid-19, il s’agit des adultes plus âgés et des personnes ayant des problèmes de santé sous-jacents, et pour les vaccins de routine, les jeunes enfants doivent être à jour avec toutes les doses de vaccins prévues.
Tous les réfugiés devraient se voir proposer les vaccins contre la Covid-19 dans le cadre des services de vaccination mis en place à la fois dans les sites d’hébergement temporaire communs et dans les communautés locales, a souligné l’OMS dans un communiqué de presse.
Lundi, l’OMS a publié un guide opérationnel sur le renforcement de la demande et de l’utilisation du vaccin contre la Covid-19 chez les réfugiés et les migrants, qui souligne l’importance de comprendre pourquoi l’utilisation de la vaccination est faible.
Le guide indique qu’il est important de garantir l’accessibilité à des informations fiables dans des langues que les réfugiés comprennent afin d’augmenter le taux de vaccination.
« La volonté de se faire vacciner chez les réfugiés et les migrants peut être entravée par des inquiétudes concernant la sécurité, le contenu et les effets secondaires des vaccins, découlant d’un manque d’informations dans des formats ou des langues appropriés provenant de sources fiables, et de la circulation de rumeurs et de désinformations », peut-on lire dans le guide.