Les travailleurs de plateforme maltais recevront le salaire minimum

Les travailleurs des plateformes percevront le salaire minimum, leurs heures supplémentaires et leurs indemnités de maladie, a annoncé le Premier ministre maltais Robert Abela. D’autres détails seront annoncés dans les prochains jours.

Euractiv.com
epa09573723 Wolt Food delivery worker rides a scooter in Helsinki, Finland, 10 November 2021. US food delivery company DoorDash andFinnish delivery app Wolt announced on 10 November that Doordahs has bought Wolt in all-stock deal for seven billion euro.  EPA-EFE/KIMMO BRANDT
Malgré sa petite taille, Malte abrite plusieurs types de plateformes différentes, telles que Wolt, Bolt ou encore Uber. En juillet, des centaines de travailleurs de plateformes se sont mis en grève, comparant leurs conditions de travail à de l’esclavage. [EPA-EFE/KIMMO BRANDT]

Les travailleurs des plateformes, tels que les livreurs, percevront le salaire minimum, leurs heures supplémentaires et leurs indemnités de maladie, a annoncé le Premier ministre maltais Robert Abela. D’autres détails seront annoncés dans les prochains jours.

Malgré sa petite taille, Malte abrite plusieurs types de plateformes différentes, telles que Wolt, Bolt ou encore Uber. En juillet, des centaines de travailleurs de plateformes se sont mis en grève, comparant leurs conditions de travail à de l’esclavage, certains affirmant même travailler 80 heures par semaine sans pour autant gagner le salaire minimum.

En outre, plusieurs reportages dans les médias ont dénoncé les mauvaises conditions de travail et le pays a été invité à adopter une loi européenne sur les conditions de travail.

Toutefois, à la suite de l’annonce, Josef Bugeja, secrétaire général de l’Union générale des travailleurs, s’est montré optimiste, affirmant que les nouvelles règles pourraient donner aux travailleurs « la dignité d’avoir un lieu de travail et les droits légaux qui vont avec », rapporte le quotidien Times of Malta.

Actuellement, les opérateurs de plateformes n’emploient pas de chauffeurs et les considèrent plutôt comme des sous-traitants qu’ils rémunèrent pour chaque course. Cela inclut les ressortissants de l’UE qui sont sous-traités directement et les ressortissants de pays tiers qui passent par des agences. Les coursiers affirment que dans les deux cas, ils sont exposés à des pratiques de travail abusives et à de mauvaises conditions.

M. Abela a déclaré que les nouvelles règles garantiront que les travailleurs ne pourront pas gagner moins que le salaire minimum et qu’ils auront droit aux autres avantages dont bénéficient les salariés, notamment les congés et la rémunération des heures supplémentaires effectuées.

Les entrepreneurs, cependant, ne semblent pas convaincus. S’ils saluent l’initiative comme une avancée, ils affirment que les nouvelles réglementations pourraient rendre impossible toute collaboration avec les plateformes.

Le Parti nationaliste, parti d’opposition, a également critiqué cette mesure, estimant qu’elle a été prise dans une « frénésie », et a fait remarquer que le gouvernement n’avait pas respecté le délai fixé pour la mise en œuvre de la législation européenne sur le travail précaire.

« Le gouvernement a montré une fois de plus qu’il est réactif et non proactif, et qu’il ne fait pas ce qui est dans le meilleur intérêt des travailleurs et des employeurs », a-t-il déclaré.

Plus de détails seront rendus publics dans les prochains jours, indique le gouvernement.

En 2021, la Commission européenne a proposé une directive pour clarifier et améliorer les conditions de travail sur les plateformes. En effet, si la plateforme répond à certains critères et à la relation avec les travailleurs, elle serait considérée comme un employeur et le particulier comme un employé. Les responsables politiques de l’UE mènent actuellement des débats animés sur cette directive.