Les travailleurs émigrés de l'Est laissent un grand vide derrière eux [FR]
Tandis que les travailleurs en provenance d'Europe centrale et orientale émigrant vers les 15 'anciens' Etats membres de l'UE ont peu d'impact sur les économies de ces derniers, leurs pays d'origine pourraient avoir à attirer de la main d'oeuvre encore moins chère à l'est des frontières de l'UE, indique un rapport de la Banque mondiale.
Tandis que les travailleurs en provenance d’Europe centrale et orientale émigrant vers les 15 ‘anciens’ Etats membres de l’UE ont peu d’impact sur les économies de ces derniers, leurs pays d’origine pourraient avoir à attirer de la main d’oeuvre encore moins chère à l’est des frontières de l’UE, indique un rapport de la Banque mondiale.
« Les gouvernements seraient bien avisés de gérer l’immigration des travailleurs de façon plus proactive », conclut la Banque mondiale dans ses recommandations destinées à augmenter la croissance économique en Europe. Selon elle, les pays d’Europe centrale et orientale qui ont rejoint l’UE en 2004 « doivent aussi envisager d’introduire progressivement […] un régime plus libéral pour importer de la main d’oeuvre en provenance de pays plus à l’est [que la frontière actuelle de l’UE]. »
Le rapport constate que les flux de travailleurs en provenance des nouveaux Etats membres ont eu un important impact sur leur pays d’origine, ajoutant que « les départs massifs de travailleurs pourraient entraîner des manques de main d’oeuvre, dont les signes sont déjà visibles dans les Etats baltes et en Pologne. L’émigration des travailleurs a déjà un impact visible sur ces économies et pourrait ralentir la croissance à moyen terme. »
Pour remédier à ce problème, le rapport recommande aux huit pays d’Europe centrale et orientale de se tourner à l’est pour trouver de la main d’oeuvre encore moins chère. « Les principaux pays d’émigration pourraient être eux-mêmes forcés d’importer de la main d’oeuvre. » De plus, le rapport recommande de se servir de la fiscalité pour créer un environnement plus favorable dans les secteurs où il manque des travailleurs. « Dans la sphère fiscale, les gouvernements des huit pays d’Europe centrale et orientale doivent envisager des dépenses supplémentaires dans les secteurs qui manquent sérieusement de travailleurs publics (notamment le secteur de la santé) et des investissements dans les secteurs où la main d’oeuvre privée devient plus chère (notamment la construction). »
Concernant les marchés du travail au Royaume-Uni et en Irlande, le rapport soutient les conclusions de la Commission selon lesquelles l’ouverture des frontières aux travailleurs d’Europe de l’Est a eu un impact positif sur l’économie dans son ensemble. Il estime que « les immigrants sont attirés par des opportunités de travail et non par des avantages sociaux. » Par conséquent, « aucun élément statistique ne confirme l’affirmation selon laquelle l’arrivée d’immigrants d’Europe de l’Est contribue à la hausse des demandes d’allocation de chômage au Royaume-Uni. » Le rapport cite également des chiffres selon lesquels « peu d’éléments indiquent un quelconque impact des travailleurs étrangers sur les salaires des principaux pays d’accueil. »
La Banque mondiale, qui est dirigée par le néo-conservateur américain Paul Wolfowitz, a récemment fait l’objet de critiques pour l’approche de déréglementation préconisée dans son rapport.