L'Espagne portera ses dépenses militaires à 2 % du PIB dès cette année, annonce Pedro Sánchez
Pedro Sánchez a annoncé mardi 22 avril 10,5 milliards d’euros d'investissements dans la défense. Objectif : atteindre dès cette année l'objectif des 2 % du PIB consacrés à la défense, comme l'exige l’OTAN.
Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sánchez a annoncé mardi 22 avril 10,5 milliards d’euros d’investissements dans la défense. Objectif : atteindre dès cette année — soit avec quatre ans d’avance sur le calendrier initial — l’objectif des 2 % du produit intérieur brut (PIB) consacrés à la défense, comme l’exige l’OTAN.
Avec seulement 1,28 % de son PIB consacré à la défense cette année, l’Espagne reste largement en dessous du seuil des 2 % souhaité par l’OTAN.
Pedro Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) avait évoqué 2029 pour que les dépenses dans le secteur de la défense atteignent le seuil de 2 % du PIB national, malgré les pressions de Washington et des autres Alliés pour que Madrid accélère la cadence.
Mais le pays semble désormais vouloir atteindre cet objectif plus rapidement.
« Il est indispensable que nous respections les objectifs d’investissement qu’exigent nos partenaires », a déclaré Pedro Sánchez lors d’une conférence de presse à l’issue d’un Conseil des ministres mardi.
Selon la chaîne publique espagnole RTVE, le dirigeant socialiste a indiqué que le pays avait inclus l’engagement d’augmentation des dépenses dans un document qu’il soumettra prochainement à Bruxelles « pour que ses bases techniques et budgétaires soient évaluées par l’UE et par l’OTAN ».
L’Espagne entend ainsi « consolider [sa place] comme un membre central et fiable de l’UE et de l’Alliance atlantique », a-t-il expliqué.
Cette annonce intervient alors que les États-Unis souhaitent relever l’objectif à 5 %, et que les négociations se poursuivent entre les 32 Alliés sur le seuil à fixer et le calendrier à adopter.
Désaccords au sein de la coalition au pouvoir
Atteindre le seuil de 2 % du PIB pour les dépenses de défense était d’autant plus difficile politiquement que le partenaire du PSOE au sein du gouvernement minoritaire de Pedro Sánchez, la plateforme de gauche radicale Sumar, est farouchement opposée à toute augmentation des dépenses militaires.
Selon la presse espagnole, les ministres membres de Sumar se sont opposés à ce plan durant le Conseil de mardi, qualifiant la hausse du budget militaire d’« exorbitante ».
Le Premier ministre a précisé que les investissements prévus se feraient « sans augmenter les impôts, sans toucher à un centime des investissements de l’État dans les dépenses sociales et sans augmenter le déficit public ».
Selon lui, une partie du financement proviendra d’une « réorientation » des fonds européens du plan de relance européen post-pandémie, NextGenerationEU.
Il a également mis en avant l’aspect économique du plan de sécurité et de défense approuvé mardi, puisqu’il devrait permettre de créer près de 100 000 emplois dans les secteurs militaire et des technologies et porter le PIB de 0,4 % à 0,7 %.
En outre, il a assuré que 87 % des investissements se feraient dans des entreprises espagnoles réparties dans toutes les régions du pays.
L’objectif est de réaliser « un nouveau bond industriel et technologique » dans le secteur de la défense, a-t-il ajouté.
Aurélie Pugnet a contribué à la rédaction de cet article.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]