L'Espagne reconnait l'État palestinien dans ses frontières de 1967

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a prévenu que Madrid ne reconnaîtrait aucune modification au tracé des frontières de 1967 qui n’aurait pas fait l’objet d’un accord préalable entre Israël et l’État palestinien, que l’Espagne a officiellement reconnu ce même jour avec l’Irlande et la Norvège.

EFE avec EURACTIV.com
Declaración de Sánchez sobre el reciente reconocimiento de Palestina por España
Le Parti socialiste (Parti socialiste ouvrier européen, socialistes et démocrates/S&D) du Premier ministre Pedro Sánchez et son allié progressiste Sumar ont décidé mardi de retirer le projet de budget face au rejet du texte annoncé par le Parti populaire et le partenaire parlementaire ad hoc de Pedro Sánchez, Ensemble pour la Catalogne (JxCat), dirigé par Carles Puigdemont. [EFE/ Moncloa]

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a prévenu mardi (28 mai) que Madrid ne reconnaîtrait aucune modification au tracé des frontières de 1967 qui n’aurait pas fait l’objet d’un accord préalable entre Israël et l’État palestinien. L’Espagne a officiellement reconnu un Etat palestinien dans le cadre d’une action coordonnée avec l’Irlande et la Norvège.

« L’État palestinien doit être viable, avec la Cisjordanie et Gaza reliées par un corridor, avec Jérusalem-Est comme capitale et unifié sous le gouvernement légitime de l’Autorité nationale palestinienne […] », a déclaré Pedro Sánchez dans un communiqué.

« Nous ne reconnaîtrons pas de modifications des frontières de 1967 autres que celles convenues par les [deux] parties », a-t-il déclaré.

Selon lui, cela serait conforme aux résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu’à la position de l’UE.

Tout en qualifiant d’« historique » la décision de reconnaître l’État palestinien, le Premier ministre espagnol a exprimé son désir d’avoir « la meilleure relation possible » avec Israël et a réitéré son rejet « catégorique » des membres du Hamas, qui ne croient pas qu’Israël et la Palestine puissent vivre côte à côte dans la paix.

Israël est « un peuple ami que nous respectons, que nous apprécions et avec lequel nous voulons avoir la meilleure relation possible », a souligné Pedro Sánchez.

La reconnaissance de l’État palestinien par Madrid a pour seul objectif d’aider les Israéliens et les Palestiniens à parvenir à la paix, a-t-il ajouté.

« Ce n’est pas seulement une question de justice historique avec les aspirations légitimes du peuple de Palestine ; c’est aussi une nécessité impérieuse si nous voulons tous parvenir à la paix et c’est le seul moyen d’avancer vers la solution que nous reconnaissons tous comme le seul moyen possible de parvenir à un avenir pacifique, celui d’un État palestinien vivant côte à côte avec l’État d’Israël dans la paix et la sécurité », a déclaré le Premier ministre espagnol.

Yolanda Díaz nuance ses propos offensants à l’égard d’Israël

Malgré le ton conciliant de Pedro Sánchez, Tel-Aviv a publié le même jour une déclaration sévère à l’encontre de l’Espagne. Le ministre israélien des Affaires étrangères, Israël Katz, a accusé Pedro Sánchez d’être « complice de l’incitation au génocide juif » en reconnaissant l’existence d’un État palestinien.

M. Katz a également condamné Madrid pour ne pas avoir démis de ses fonctions la vice-Première ministre espagnole Yolanda Díaz, qui avait déclaré la semaine dernière que « la Palestine sera libre, du fleuve à la mer ».

Cette phrase politique, qui est devenue un cri de guerre utilisé par les deux parties, est généralement considérée comme un rejet du droit de l’autre partie sur les terres situées entre le fleuve Jourdain et la mer Méditerranée.

Pour le Hamas, cela signifie de facto l’élimination de l’État d’Israël, qui se trouve entre les deux.

Yolanda Díaz, qui est également ministre du Travail et dirige le parti de gauche Sumar, partenaire du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) au sein du gouvernement, maintient une position ferme à l’égard d’Israël, qu’elle a accusé de commettre un « génocide » à Gaza, à la suite des attaques terroristes du Hamas d’octobre 2023.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, l’opération militaire israélienne a tué jusqu’à présent plus de 35 000 personnes, dont la plupart étaient des civils et presque la moité des enfants.

La semaine dernière, la dirigeante de Sumar a publié une vidéo controversée dans laquelle elle célébrait l’annonce par Madrid de la reconnaissance de l’État palestinien.

Après les protestations de Tel-Aviv et de l’ambassade d’Israël à Madrid, Mme Díaz a été contrainte de nuancer ses propos.

« Nous avons toujours eu [à Sumar] la même position, la reconnaissance de deux États qui se partagent [le territoire] du fleuve à la mer, qui partagent l’économie, qui partagent les droits et surtout un avenir de paix », a-t-elle déclaré.

[Édité par Anna Martino]