L’eurodéputée Eva Kaili aurait été « torturée » pendant son interrogatoire, selon son avocat
L’avocat d’Eva Kaili a déclaré jeudi que l’eurodéputée, qui a été arrêtée dans le cadre du Qatargate, a dû faire face à des conditions « moyenâgeuses » lors de son interrogatoire par les autorités belges.
L’avocat d’Eva Kaili a déclaré jeudi (19 janvier) que l’eurodéputée, qui a été arrêtée dans le cadre du Qatargate, a dû faire face à des conditions « moyenâgeuses » lors de son interrogatoire par les autorités belges.
Son avocat Michalis Dimitrakopoulos a affirmé que Mme Kaili a été récemment contrainte de subir un interrogatoire de 16 heures, dans une salle d’un bâtiment de la police belge complètement isolée, avec les lumières allumées en permanence, tandis qu’on lui refusait une deuxième couverture qu’elle avait demandée en raison du froid.
Il a précisé que ce type de « tortures moyenâgeuses », telles qu’il les a décrites, n’ont pas eu lieu dans la prison moderne de Haren, mais dans les locaux de la police, où se déroulaient les interrogatoires complémentaires.
EURACTIV a contacté le bureau du procureur fédéral pour un commentaire, mais aucune réponse n’a été fournie au moment de la publication de cet article.
Mme Kaili a fait une nouvelle demande de libération qui a été rejetée jeudi par la justice belge, craignant qu’elle ne tente de faire disparaître des preuves et donc de compromettre le déroulement de l’enquête.
L’eurodéputée grecque insiste sur le fait qu’elle est innocente et qu’elle ignorait tout des activités illégales de son compagnon italien Francesco Giorgi et du « cerveau » présumé du scandale, Pier-Antonio Panzeri. Ils ont tous deux été arrêtés et emprisonnés depuis début décembre 2022.
La situation a toutefois évolué depuis que l’ancien eurodéputé italien Pier-Antonio Panzeri a décidé de collaborer avec la justice belge afin de faire la lumière sur le scandale, qui a secoué le Parlement européen.
Par ailleurs, EURACTIV a été informé que M. Panzeri devra effectuer de nouvelles séries de témoignages à partir du 24 janvier. Une source proche du dossier a déclaré à EURACTIV que M. Panzeri a déjà fait référence au rôle de Mme Kaili dans le scandale, et ce « de manière négative » — sans donner plus de détails.
M. Panzeri aurait également admis que de l’argent avait été reçu par des pays tiers afin de « payer en particulier des législateurs de l’UE », a indiqué la source.
Étant donné que M. Panzeri sera tenu de révéler la vérité afin de bénéficier d’une peine moins lourde, les responsables bruxellois s’inquiètent déjà de l’identité des personnes qui pourraient à présent être mises en cause et de l’institution européenne concernée.