L'Europe est loin d'atteindre les objectifs mondiaux en matière de VIH, selon un rapport
L’Europe a encore un long chemin à parcourir dans sa lutte contre le VIH, selon un nouveau rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui identifie des objectifs clés tels que la prévention, le dépistage et la fin de la discrimination.
L’Europe a encore un long chemin à parcourir dans sa lutte contre le VIH, selon un nouveau rapport du Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), qui identifie des objectifs clés tels que la prévention, le dépistage et la fin de la discrimination.
La stratégie mondiale de lutte contre le sida des Nations Unies vise à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030, tous les pays devant atteindre un taux de conformité de 95 % d’ici à 2025, afin de s’assurer qu’ils sont sur la bonne voie.
Mais si les infections par le VIH et les taux de mortalité liés au sida diminuent en Europe, la région est encore loin d’avoir mis fin à l’épidémie de sida d’ici à 2030, car « les progrès sont variables d’une région à l’autre », note le rapport.
Ce rapport montre que seulement 83 % des personnes séropositives savent qu’elles sont infectées ; parmi elles, 85 % sont traitées, ce qui est loin de l’objectif de 95 % d’ici à 2025.
Le nombre de nouvelles infections par le VIH en Europe et en Asie centrale reste élevé, avec plus de 33 000 nouvelles infections en 2021, malgré les progrès réalisés en matière de prévention du VIH et l’accès accru aux services de prévention, tels que la PrEP (prophylaxie pré-exposition) — un médicament qui réduit les risques de contracter le VIH lors de rapports sexuels ou de l’utilisation de drogues injectables.
Si, par rapport à 2010, le nombre d’infections annuelles a diminué de 34 %, on est loin de l’objectif de 95 %.
Selon le Programme commun des Nations Unies sur le VIH et le sida (ONUSIDA), 8 077 personnes sont mortes de causes liées au sida en 2021, ce qui représente une baisse de 63 % par rapport à 2010. L’objectif est d’atteindre zéro décès lié au sida.
Le nombre de personnes bénéficiant d’une thérapie antirétrovirale qui parviennent à une suppression virale est un autre indicateur permettant de suivre l’évolution de la situation en matière de VIH. Actuellement, ce chiffre est de 93 %, soit seulement 2 % de moins que l’objectif fixé.
Ces chiffres montrent qu’aucun des objectifs n’a encore été atteint, bien qu’il ne reste que deux ans avant la date limite fixée par l’ONUSIDA. Pour accélérer le rythme, le rapport identifie les principaux domaines dans lesquels des efforts sont nécessaires : se concentrer sur la prévention, accroître l’accessibilité des tests et mettre fin à la stigmatisation et à la discrimination.
En matière de prévention, la PrEP est un outil très efficace, dont la disponibilité a augmenté en Europe ces dernières années, mais qui n’est toujours pas accessible dans 17 pays. Le rapport invite les gouvernements à étudier les obstacles à l’accès à ce médicament et à créer des systèmes de suivi afin de mieux connaître la population à risque.
Il en va de même pour l’amélioration de l’accès au traitement, pour lequel l’ECDC encourage les pays à mettre en œuvre de nouvelles interventions de dépistage telles que les tests communautaires et les autotests, une méthode qui gagne en popularité car elle permet de faire le test à la maison et d’obtenir le résultat en moins de 20 minutes.
Le rapport met l’accent sur les groupes les plus vulnérables, qui sont les plus touchés par les obstacles à l’accès au traitement. Ces groupes de population clés comprennent les prisonniers, les travailleurs du sexe, les sans-papiers, les personnes qui s’injectent des drogues, les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes et les transsexuels.
Ces personnes sont également les plus stigmatisées et les plus discriminées, ce qui peut les amener à ne pas révéler leur état ou leurs facteurs de risque à leur entourage proche et même aux professionnels de la santé.
Différences entre les pays
La publication de l’ECDC montre les différences entre les pays de la région en ce qui concerne la mise en œuvre des recommandations et la réalisation de l’objectif commun.
Des pays comme la Norvège, la Suède, l’Allemagne et l’Espagne dépassent l’objectif de 95 % de personnes recevant un traitement après un diagnostic de VIH, tandis que la Lettonie, l’Albanie et la Moldavie, entre autres, sont à la traîne avec environ 70 %.
La situation est la même en ce qui concerne le pourcentage de personnes qui savent qu’elles vivent avec le VIH. Monaco, le Kosovo, l’Islande et l’Autriche ont atteint l’objectif fixé, tandis que la Moldavie, la Macédoine du Nord et l’Albanie sont encore loin du compte.
En général, comme le montre le rapport, la région occidentale de l’Europe est davantage sur la bonne voie pour 2030 que les pays de l’Est.
Le travail de l’UE
L’éradication de l’épidémie de VIH est depuis longtemps une priorité pour les agences internationales. Elle fait partie des objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies et de la lutte contre la tuberculose et l’hépatite.
Le premier instrument politique de lutte contre le VIH au niveau de l’UE a été mis en œuvre en 2005 avec une communication sur la lutte contre le VIH/sida de la Commission européenne.
Plus tard, en 2016, la Commission s’est engagée à aider les pays de l’UE à atteindre les ODD dans une communication intitulée « Prochaines étapes pour un avenir européen durable ».
Le Parlement européen a également adopté un rapport en 2021 visant à mettre fin au sida en tant que menace pour la santé publique d’ici 2030.
La mention la plus récente du VIH dans les travaux de l’UE est la stratégie antidrogue pour 2021-2025, dont le plan d’action inclut les maladies infectieuses liées à la drogue, telles que le VIH, dans ses mesures de promotion de la santé.
La lutte contre le VIH et la nécessité d’intensifier les efforts à l’horizon 2030 semblent avoir ravivé la conversation au niveau de l’UE.
Vendredi (15 septembre), une réunion de haut niveau se tiendra dans le cadre du programme de la présidence espagnole du Conseil. L’objectif est de discuter d’une déclaration politique intitulée « HIV and Human Rights: Political action to achieve ZERO stigma ( VIH et droits de l’Homme : action politique pour parvenir à la stigmatisation ZERO) », qui sera ensuite proposée pour adoption au Parlement européen le 1er décembre 2023, à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le sida.