L’IA transformera 92 % des emplois dans les technologies de l’information et de la communication, selon une étude

Environ 92 % des emplois spécialisés dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), dont quelque 10 millions rien que dans l’UE, pourraient être menacés par le développement de l’IA. Tels sont les résultats d'une étude menée par de grands acteurs de la technologie.

Euractiv.com
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Certaines des applications les plus concrètes des nouveaux outils d’IA générative tels que ChatGPT sont leur capacité à écrire du code ainsi qu’à faire des recherches et à résumer des textes, des tâches courantes pour les spécialistes des TIC. [Shutterstock/REDPIXEL.PL]

Environ 92 % des emplois spécialisés dans les technologies de l’information et de la communication (TIC), dont quelque 10 millions rien que dans l’UE, pourraient être menacés par le développement de l’intelligence artificielle (IA). Tels sont les résultats d’une étude menée par de grandes multinationales de la technologie et publiée mercredi 31 juillet.

L’impact de technologies comme l’IA sur le marché de l’emploi est un sujet de préoccupation majeur pour les décideurs politiques du monde entier.

Les auteurs du rapport publié mercredi ont consulté des experts des TIC pour savoir comment l’IA allait modifier les principales compétences requises pour 47 emplois communs du secteur.

Et les résultats sont édifiants : 34 % de ces fonctions seront fortement affectées par l’IA, ce qui signifie que plus de 70 % des principales compétences requises pour ces postes changeront de manière significative.

Autre donnée, 57,5 % des fonctions seront modérément affectées, ce qui implique qu’entre 50 % et 70 % des principales compétences requises pour ces emplois changeront de manière significative.

L’étude a été réalisée par le consortium AI-Enabled ICT Workforce, lancé en avril et soutenu par le Conseil du commerce et des technologies (CCT) UE-États-Unis, un forum diplomatique où les deux parties se concertent sur les politiques en matière de commerce et de technologie.

Le consortium est dirigé par Cisco et comprend des entreprises telles que Accenture, Eightfold, Google, IBM, Indeed, Intel, Microsoft et SAP.

Remplacement des travailleurs par l’IA ?

Certaines des applications les plus concrètes des nouveaux outils d’IA générative, ChatGPT étant la plus connue, permettent d’écrire du code, faire des recherches, résumer des textes, ou effectuer des tâches courantes pour les spécialistes des TIC.

À mesure que les outils d’IA se perfectionnent, « certaines compétences gagneront en importance (telles que l’éthique de l’IA, l’IA responsable, l’ingénierie de prompt, la connaissance de l’IA, l’architecture des grands modèles linguistiques [Large Language Models, LLM] et les méthodes agiles), tandis que d’autres pourraient perdre de leur pertinence (la gestion traditionnelle des données, la création de contenu, la gestion de la documentation, la programmation et les langages de base, ainsi que la recherche d’informations) », peut-on lire dans le rapport.

Selon cette analyse, l’IA transformera modérément tous les emplois TIC de niveau supérieur et une part importante des emplois de niveau intermédiaire et débutant se verront quant à eux fortement transformés.

Citant une étude d’IBM qui prévoit que 87 % des cadres s’attendent à ce que les fonctions soient améliorées, plutôt que remplacés par l’IA générique, les auteurs du rapport soulignent la nécessité de proposer des initiatives de perfectionnement et de requalification des travailleurs.

La publication du rapport intervient après celle du Bureau de l’IA, le nouvel organe de la Commission européenne chargé de la mise en œuvre du règlement sur l’IA (AI Act) et de son projet de pacte sur l’IA — Il s’agit des engagements volontaires que les entreprises peuvent suivre dans le cadre de leur mise en conformité au AI Act.

L’un des principaux engagements du pacte sur l’IA est de « promouvoir la sensibilisation et la formation à l’IA du personnel et des autres personnes chargées de déployer des systèmes d’IA en leur nom ».

L’IA parmi les préoccupations de la prochaine Commission européenne

Dans ses orientations politiques pour la législature 2024-2029, la présidente de la Commission européenne récemment réélue pour un second mandat, Ursula von der Leyen, a déclaré qu’elle envisageait un « plan d’action pour la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux ». Cela inclurait notamment « des initiatives pour étudier l’incidence du numérique sur le monde du travail, qui va de la gestion de l’IA au télétravail ».

« Les nouvelles formes de travail ne devraient pas se traduire par une diminution des droits. Même si nos industries et nos économies évoluent, les personnes, et leur emploi, doivent toujours rester au cœur de notre économie sociale de marché », a-t-elle insisté.

Compte tenu de ces défis à venir sur le marché de l’emploi, Ursula von der Leyen a donc annoncé qu’elle « augmenter[ait] significativement [les] financements en faveur d’une transition juste dans le prochain budget à long terme [de l’UE] ».

[Édité par Sarah N’tsia]