Limiter les camions italiens en Autriche : l’Italie, indignée, menace de poursuites judiciaires

L'interdiction imposée par l'Autriche de laisser passer les camions italiens a suscité l’ire de Rome, qui a menacé le gouvernement autrichien de poursuites judiciaires auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne.

EURACTIV Allemagne
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Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien en charge des Transports, a répondu mercredi (13 septembre) par l’offensive en annonçant que Rome allait saisir la Cour de Justice de l’Union européenne pour faire appel de cette mesure, estimant que l'Autriche enfreignait la législation européenne. [SHUTTERSTOCK/GLF Media]

L’interdiction imposée par l’Autriche de laisser passer les camions italiens a suscité l’ire de Rome, qui a menacé le gouvernement autrichien de poursuites judiciaires auprès de la Cour de Justice de l’Union européenne.

Le col de Brenner, qui relie par la route l’Italie et l’Autriche par les Alpes, est tout à fait essentiel au transport de marchandises. Or, un trop-plein de camions originaires d’Italie a incité le gouvernement régional du Tyrol à restreindre le nombre total de camions pouvant effectuer le trajet.

Matteo Salvini, vice-Premier ministre italien en charge des Transports, a répondu mercredi (13 septembre) par l’offensive en annonçant que Rome allait saisir la Cour de Justice de l’Union européenne pour faire appel de cette mesure, estimant que l’Autriche enfreignait la législation européenne.

Vienne, quant à elle, s’efforce de montrer qu’elle ne s’inquiète pas de cette contestation. La ministre des transports, Leonore Gewessler, s’est dite « très détendue » jeudi (14 septembre) à la perspective d’une action en justice d’un procès.

La santé et les conditions de vie des habitants du Tyrol sont « moins importantes que les profits du lobby italien des transporteurs », a-t-elle déclaré à l’agence de presse autrichienne APA, de manière pour le moins ironique.

Le gouverneur du Tyrol a emboîté le pas de la ministre. « Ces menaces de poursuites judiciaires restent lettre morte au Tyrol, car pour nous, la protection de la santé, de l’environnement et de l’infrastructure est plus importante que la politique italienne des transports », a rétorqué Anton Mattle dans les colonnes d’APA.

M. Salvini, quant à lui, n’a pas fait mystère de son indignation. « Nous ne pouvons pas accepter que l’Autriche ferme unilatéralement un col alpin sans que personne ne fasse quoi que ce soit. Il s’agit d’une violation des règles européennes, d’un abus flagrant de droit », a-t-il affirmé.

La Commission européenne, sollicitée par Euractiv, a souligné la nécessité d’une coopération entre les deux pays.